L’ARP à l’heure des comptes
L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) tient aujourd’hui, lundi 27 juillet, une séance plénière urgente consacrée à la crise des coupures d’eau et d’électricité qui touche plusieurs régions du pays. Les députés devraient examiner les causes de ces perturbations, leurs répercussions sur la population et l’économie, ainsi que les mesures à prendre pour garantir une meilleure continuité des services essentiels.
Avec la légère baisse des températures, la situation s’est quelque peu améliorée. Les coupures sont devenues plus rares et la tension est retombée d’un cran. L’intervention énergique du Président de la République y est pour beaucoup. Lors d’une réunion tenue le 22 juillet au Palais de Carthage avec plusieurs membres du gouvernement et des responsables de la Steg, de la Sonede et de la Protection civile, il a appelé à mettre fin sans délai aux longues interruptions des services et a insisté sur la nécessité d’informer les citoyens à l’avance lorsque des coupures sont inévitables.
Cela dit, cette amélioration révèle aussi les limites de la gestion de crise. Les responsables se sont souvent rabattus sur la solution la plus simple: le délestage ciblé, alors que certains quartiers huppés ont été totalement épargnés quand d’autres subissaient les coupures de plein fouet. Ce “traitement inégal” a nourri l’exaspération des citoyens et alimenté toutes sortes de rumeurs.
La crise n’appartient pas encore au passé. D’autres épisodes de canicule sont à prévoir et les acteurs de la gestion électrique ne connaîtront pas beaucoup de répit. La séance de l’ARP intervient donc à point nommé pour éclairer l’opinion publique, d’autant que la communication officielle demeure l’un des principaux points faibles de la gestion des crises en Tunisie.
Plus grave que la défaillance elle-même, il y a le silence des autorités. Ce mutisme laisse le champ libre aux rumeurs et accentue la défiance envers les institutions. Or la communication n’est pas un simple complément à l’action publique, elle en constitue un pilier essentiel. Un citoyen informé accepte mieux les contraintes, alors que l’absence d’explications transforme un incident technique en véritable crise de confiance. Communiquer n’est ni céder à la panique ni reconnaître une faiblesse, c’est un devoir envers des citoyens qui ont le droit de savoir.
Le contrôle parlementaire trouve ici toute sa raison d’être. Au-delà des responsabilités, les Tunisiens attendent des réponses précises sur ce qui s’est passé et sur les mesures à prendre pour qu’une telle situation ne se reproduise. C’est à cette condition que la confiance entre citoyens et institutions pourra être restaurée.



