Tunisie : la STEG fait face à un déficit de 1 500 MW, alerte le député Maher Ktari
La Tunisie est confrontée à un déficit de 1 500 mégawatts (MW) dans sa production d’électricité, un écart qui met sous pression le réseau national, particulièrement durant les périodes de forte consommation. C’est ce qu’a affirmé, mardi, le député à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et président de la Commission des finances, Maher Ktari, estimant que cette situation résulte de plusieurs années de manque de planification et du retard pris dans la réalisation de projets énergétiques stratégiques.
Invité ce mardi 28 juillet 2026 sur Jawhara FM, Maher Ktari a indiqué que la demande nationale atteint près de 6 000 MW aux heures de pointe, alors que les capacités de production de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) ne dépassent pas 4 500 MW, créant ainsi un déficit structurel de 1 500 MW.
Selon le parlementaire, cette situation est le résultat de l’abandon d’une planification anticipative destinée à accompagner la hausse continue de la consommation électrique, mais aussi de l’arrêt de plusieurs projets majeurs. Il a notamment cité le projet de centrale électrique de Skhira, abandonné en 2018 au profit du développement de l’énergie photovoltaïque, tout en soulignant que plusieurs projets solaires ont, eux aussi, accusé d’importants retards.
Maher Ktari a toutefois rappelé qu’aucune solution ne peut être mise en œuvre à très court terme. La construction d’une nouvelle centrale électrique nécessite, selon lui, un délai compris entre deux et trois ans. Quant aux investissements dans les énergies renouvelables, ils restent freinés par des difficultés de financement et par le niveau élevé des taux d’intérêt. Il a ainsi plaidé pour la mise en place de mécanismes de financement préférentiels afin d’encourager les investisseurs tunisiens et étrangers.
Le député a néanmoins évoqué une avancée positive avec la construction d’une centrale solaire de 100 MW à Kairouan, réalisée entièrement par des compétences tunisiennes. Le chantier aurait déjà dépassé les 40 % d’avancement, selon ses déclarations.
Afin de limiter les risques de coupures d’électricité durant les périodes de forte demande, notamment en été, Maher Ktari a proposé une solution transitoire : le recours à des centrales électriques flottantes. Capables de produire jusqu’à 400 MW, ces unités mobiles sont déjà utilisées dans plusieurs pays pour renforcer rapidement les capacités de production et couvrir les besoins lors des pics de consommation.
Le député estime que cette option permettrait d’atténuer temporairement les tensions sur le réseau électrique, en attendant la mise en service de nouvelles infrastructures de production et l’accélération des projets d’énergies renouvelables.
R.I



