Après deux suspensions temporaires des cotations en raison d’une forte baisse du Tunindex, l’économiste Moëz Hdidane estime que les récentes turbulences à la Bourse de Tunis relèvent d’une correction naturelle après une période de forte progression. Il appelle les investisseurs à faire preuve de rationalité et à éviter les décisions précipitées.
La Bourse de Tunis a connu, pour la deuxième journée consécutive, une interruption temporaire des échanges après un recul de plus de 3 % de son indice principal, le Tunindex, au début de la séance.
Intervenant sur Diwan Fm, l’économiste Moëz Hdidane a expliqué que cette suspension repose sur les dispositions du règlement intérieur de la Bourse, modifié en 2019, qui prévoit l’arrêt automatique des transactions en cas de fortes fluctuations du marché.
Selon lui, ce mécanisme, communément appelé “coupe-circuit”, vise avant tout à protéger les investisseurs en leur accordant un temps de réflexion pour réévaluer leurs positions, modifier ou annuler leurs ordres, et limiter les mouvements de panique susceptibles d’accentuer la volatilité.
Une baisse suivie d’un rebond
Moëz Hdidane a rappelé que la baisse de plus de 3 % enregistrée mardi matin avait entraîné l’activation automatique du mécanisme de suspension.
Après la reprise des échanges mercredi, la pression vendeuse s’est toutefois accentuée, portant le recul du Tunindex à environ 4,63 %, avant un retournement spectaculaire du marché. L’indice a finalement clôturé la séance en territoire positif, avec une progression de 1,3 %.
Pour l’économiste, ce rebond témoigne d’une absorption du premier choc et d’un retour progressif de la confiance sur le marché.
Selon Moëz Hdidane, les mouvements observés récemment ne traduisent pas une crise structurelle, mais plutôt une phase de correction naturelle après les performances exceptionnelles enregistrées par la Bourse de Tunis ces derniers mois.
Il explique que les prises de bénéfices constituent le principal facteur ayant déclenché les opérations de vente et la pression exercée sur plusieurs valeurs cotées.
Appel à la rationalité des investisseurs
L’expert rappelle aussi que les marchés financiers connaissent régulièrement ce type de phases après des périodes prolongées de hausse, les investisseurs cherchant à sécuriser une partie de leurs gains.
Moëz Hdidane a également évoqué les inquiétudes apparues autour des mesures relatives aux crédits d’honneur et au prélèvement de 8 % des bénéfices des banques.
Selon lui, certaines interprétations de ces mesures ont contribué à renforcer la prudence des investisseurs, mais ces dispositions ne constituent pas un élément nouveau puisqu’elles étaient connues depuis 2024.
L’économiste estime qu’elles ne devraient pas avoir d’impact structurel sur la capacité des banques cotées à distribuer des dividendes.
En conclusion, Moëz Hdidane considère que le retour du Tunindex à la hausse à la clôture de mercredi constitue un signe d’apaisement après la première phase de tension.
Il prévoit un retour progressif des échanges à un rythme normal et appelle les investisseurs à privilégier l’analyse et la prudence, tout en évitant les mouvements de vente collective provoqués par la peur.
Pour lui, la récente volatilité doit être replacée dans le contexte d’un marché ayant connu une forte progression et ne doit pas être interprétée comme une remise en cause des fondamentaux de la Bourse de Tunis.
R.I



