“Pas de diktats étrangers” : le gouvernement défend une dette au service de la souveraineté nationale
Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a défendu mercredi 29 juillet 2026 devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) la politique d’endettement de la Tunisie, affirmant que le gouvernement veille à maintenir la dette publique à des niveaux soutenables. Réagissant aux critiques des députés, il a assuré que le taux d’endettement, estimé à près de 82 % du produit intérieur brut (PIB), est resté globalement stable ces dernières années et que la relance de la croissance constitue la principale voie pour le réduire durablement.
Intervenant lors d’une séance plénière consacrée à l’examen de plusieurs accords de financement, le ministre a expliqué que les politiques publiques actuelles visent à préserver des indicateurs d’endettement compatibles avec la continuité du financement de l’État.
Ses déclarations interviennent après les nombreuses réactions suscitées au Parlement par l’annonce d’un taux d’endettement avoisinant les 82 % du PIB, un niveau jugé préoccupant par plusieurs députés.
La croissance, levier de réduction de la dette
Face à ces critiques, Samir Abdelhafidh a estimé que ce ratio est demeuré relativement stable au cours des dernières années et n’a pas connu d’aggravation significative. Selon lui, la meilleure stratégie pour réduire progressivement la dette publique consiste à stimuler l’activité économique, accélérer la croissance et renforcer la production nationale.
Le ministre a rappelé que plusieurs pays ont réussi à transformer le recours à l’emprunt en un véritable levier de développement économique, grâce à une utilisation efficace des financements mobilisés. Certaines de ces économies sont aujourd’hui devenues, a-t-il souligné, parmi les principaux bailleurs de fonds au niveau international.
Tout en reconnaissant les risques liés au recours à l’endettement, Samir Abdelhafidh a insisté sur la nécessité d’un contrôle rigoureux de la dette afin que les emprunts servent à financer des projets d’investissement et de développement, plutôt que des dépenses improductives.
Il a estimé que la Tunisie dispose des compétences nécessaires pour valoriser ces financements et reproduire les expériences réussies observées dans d’autres pays.
Le ministre a également dressé un constat des difficultés actuelles des finances publiques, évoquant les contraintes budgétaires ainsi que les problèmes structurels auxquels font face plusieurs entreprises publiques.
Selon lui, le manque d’investissements consacrés, durant de nombreuses années, à la modernisation des outils de production a entraîné une dégradation progressive de leur compétitivité, avec des répercussions touchant également les volets environnementaux.
Refus des conditionnalités extérieures
Réaffirmant la position du gouvernement, Samir Abdelhafidh a assuré que la Tunisie n’entend pas s’engager dans un processus de dépendance vis-à-vis de partenaires étrangers.
Il a souligné que l’endettement constitue uniquement un instrument de financement mobilisé lorsque les besoins de l’économie nationale l’exigent, à condition que les ressources empruntées soient orientées vers les priorités du pays.
Le ministre a, enfin, qualifié de “très acceptables” les conditions financières des projets de financement actuellement examinés par le Parlement, au regard du contexte économique international.
Il a conclu en affirmant que les autorités veillent à préserver la souveraineté nationale lors de toutes les négociations financières, en refusant toute forme de conditionnalités susceptibles de remettre en cause les choix économiques de la Tunisie.
R.I



