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Bourse de Tunis : Aram Belhaj écarte la crise de confiance mais alerte sur les fragilités du marché

  • 30 juillet 2026
  • 5 min de lecture
Bourse de Tunis : Aram Belhaj écarte la crise de confiance mais alerte sur les fragilités du marché

La récente baisse enregistrée par la Bourse des valeurs mobilières de Tunis relève davantage d’une correction technique temporaire que d’un mouvement durable de défiance des investisseurs, estime l’économiste Aram Belhaj.

Dans une publication diffusée jeudi 30 juillet 2026 sur sa page officielle Facebook, l’économiste a indiqué que “l’hypothèse d’une correction technique passagère à la Bourse de Tunis se confirme jour après jour davantage que celle d’une remise en question ou d’un désengagement durable”.

Cette analyse intervient après le recours, les 28 et 29 juillet, au mécanisme de suspension temporaire de la cotation à la Bourse de Tunis, déclenché à la suite d’une forte baisse du marché.

Toutefois, Aram Belhaj met en garde contre les fragilités structurelles du marché financier tunisien. Selon lui, “la Bourse reste très étroite et exposée aux secousses” tant que sa profondeur et sa liquidité ne seront pas renforcées de manière durable.

Une Bourse trop limitée face aux besoins de financement de l’économie

Pour l’économiste, la question dépasse largement les fluctuations quotidiennes des indices boursiers. Il estime que le véritable enjeu réside dans la capacité du marché financier à jouer pleinement son rôle dans le financement de l’économie nationale.

“Tout cela place la responsabilité sur l’État et le gouvernement chargés de gérer les affaires publiques et de soutenir l’économie”, souligne-t-il.

Aram Belhaj rappelle avoir régulièrement appelé à des réformes structurelles, financières et monétaires destinées à renforcer le rôle central de la Bourse de Tunis et à améliorer la résilience de l’économie nationale.

Parmi les principales mesures avancées par l’économiste figurent :

Accélérer le programme d’introduction en Bourse des entreprises publiques, à travers l’ouverture d’une partie de leur capital au marché financier ;

Mettre en place des incitations fiscales importantes pour les grandes entreprises familiales, souvent réticentes à intégrer le marché en raison des exigences liées à la transparence et à la gouvernance ;

Renforcer le rôle des caisses de retraite et des compagnies d’assurance comme investisseurs institutionnels, afin d’apporter davantage de stabilité et de profondeur au marché ;

Faciliter l’accès des investisseurs étrangers, notamment en simplifiant les procédures de transfert des capitaux et en traitant les contraintes liées au contrôle des changes, tout en prévoyant des clauses de sauvegarde en période de crise majeure ;

Développer les mécanismes d’épargne collective, notamment les OPCVM et les fonds d’investissement, afin d’élargir la base des petits épargnants et proposer des produits adaptés ;

Créer de nouveaux instruments financiers, comme les contrats à terme, les outils de couverture des risques ou encore les obligations convertibles, capables de dynamiser les échanges ;

Améliorer la gouvernance des entreprises cotées, avec des exigences plus strictes en matière d’information financière et de transparence pour renforcer la confiance des investisseurs institutionnels et étrangers.

La profondeur de la Bourse dépend aussi de l’économie réelle

Au-delà des réformes propres au marché financier, Aram Belhaj estime que la véritable force d’une Bourse dépend avant tout de la solidité de l’économie réelle.

Selon lui, “le principal levier de développement de la Bourse de Tunis n’est pas uniquement boursier”. La profondeur d’un marché financier repose directement sur la taille de l’économie, mais aussi sur le niveau d’épargne nationale orientée vers l’investissement productif plutôt que vers la consommation ou l’immobilier.

Dans ce contexte, il appelle à s’attaquer aux fragilités des finances publiques tunisiennes et à la pression croissante liée au financement du déficit budgétaire.

Pour Aram Belhaj, le développement durable du marché financier tunisien passe également par des réformes économiques plus larges, notamment : la réforme du système de compensation, la restructuration des entreprises publiques, la lutte contre l’économie parallèle, la révision du régime de change et une refonte profonde du système fiscal.

Sur ce dernier point, il estime nécessaire de construire une fiscalité plus équitable, permettant de réduire les écarts entre les grandes entreprises qui échappent encore largement au système et les acteurs économiques qui en supportent le poids.

À travers son analyse, Aram Belhaj relativise l’épisode récent de tension à la Bourse de Tunis, tout en rappelant que la volatilité actuelle révèle des fragilités plus profondes.

Pour l’économiste, la stabilisation durable du marché financier tunisien ne passera pas uniquement par des mesures techniques liées à la Bourse, mais par une transformation plus globale du modèle économique, capable de stimuler l’investissement, renforcer la confiance et mobiliser davantage l’épargne nationale au service de la croissance.

R.I

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R. I

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