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Festival international de Carthage : Yosra Mahnouch, un air de remake

  • 30 juillet 2026
  • 4 min de lecture
Festival international de Carthage : Yosra Mahnouch, un air de remake

Une polyvalence soutenue par une voix puissante, un timbre suave et une large tessiture qui lui permettent de passer d’un style à l’autre avec panache. Mais qu’en est-il de son propre répertoire ?

La Presse — Yosra Mahnouch a enregistré encore une fois, lors de son passage, hier soir, à la 60e édition du festival de Carthage, un succès sans précédent avec des reprises de titres du répertoire de la chanson arabe et tunisienne. Son concert est tout juste un remake de celui de 2023 avec cependant quelques nouveaux titres de sa production personnelle.

Se produisant devant un théâtre complet, l’artiste, vêtue d’une robe fourreau noir scintillant,  a captivé l’audience par sa puissance vocale et sa maîtrise d’un répertoire varié allant du classique oriental aux chansons traditionnelles tunisiennes. Accompagnée d’un orchestre prestigieux dirigé par le maestro Abdelhakim Belgaied, elle a chanté durant plus de deux heures les titres des grandes figures de la chanson arabe, passant avec aisance de la chanson égyptienne à celle khaliji puis tunisienne tout en partageant ses propres mélodies.

Son ascension fulgurante dans l’émission télévisée « The Voice » avait révélé, dès ses débuts, sa capacité à un instaurer une osmose festive avec ses admirateurs qui lui valent à chacune de ses prestations dans les festivals des ovations nourries confirmant son statut de vedette incontournable de la scène musicale actuelle.

Installée depuis peu en Egypte, elle essaie de se faire une place dans le milieu musical arabe. Son répertoire se caractérise donc par une grande diversité illustrant sa capacité à naviguer entre plusieurs genres musicaux. Un registre défini par les styles « charqi » (oriental) et le répertoire classique arabe.

Une chanteuse qui a du coffre et de la voix qui lui permettent d’exceller dans l’interprétation de mélodies emblématiques reprenant avec brio des titres de légendes tels que ceux d’Oum Kalthoum (« Hobi Ih », « Hal Raa lhobo Soukara »), Warda (« Isma3ouni »), Abdelhalim Hafedh (« Ayet dama3 Houzn »), George Wassouf (« El Hawa Soltane »), Melhem Baraket (« El 3adheb »).

Elle a également consacré une part importante de sa performance au répertoire « kahliji » notamment la célèbre chanson irakienne « Mayhana ». Lors de la dernière partie du concert, elle a puisé dans ses racines avec des refrains connus du patrimoine tunisien  proposant notamment un cocktail de noubas issus de la musique soufie  et populaire comme (Chouftouchi Khedija, Belhassen Chedly, Rakeb 3ala Lhamra, Raies Labhar, Ya Lila jayek Bilkhir, Naghara). Au milieu du concert diffusé en direct sur la chaîne nationale « Wataniya 1 », elle interprète un titre en anglais.

Cette polyvalence est soutenue par une voix puissante, un timbre suave et une large tessiture qui lui permettent de passer d’un style à l’autre avec panache. Mais qu’en est-il de son propre répertoire ? Un répertoire aux couleurs orientales qui s’est noyé dans l’ensemble d’anciens titres prestigieux des stars de la chanson arabe.

Pour donner du goût à ses fans, elle a démarré avec un nouveau titre « Ach Hal Layala », puis « Hawalaya Ness ». Mais est-ce suffisant pour faire d’elle une artiste avec une production au cachet personnel ? Jusqu’à quand va-t-elle séduire la foule avec les répertoires d’autres stars de la chanson.

Le concert de ce 28 juillet 2026 est réussi publiquement mais a tout l’air d’un remake de ses précédentes prestations. A l’issue du spectacle, Yosra Mahnouch a tenu une conférence de presse au cours de laquelle elle répondu aux questions des journalistes qui n’ont cessé de flatter sa prestation. Et tout sourire, elle a tenu à remercier tous les musiciens et les techniciens dont celui du son, Mehdi Thabet, venu spécialement du pays du Nil pour assurer la réussite technique du spectacle.

Auteur

Neila GHARBI

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