Editorial

Notation encourageante, mais la vigilance reste de mise

  • 30 juillet 2026
  • 3 min de lecture
Notation encourageante, mais la vigilance reste de mise

LA Tunisie continue d’enregistrer, ces derniers temps, des améliorations touchant les différents domaines de la vie économique, financière et sociale, d’où la toute dernière notation attribuée par l’Agence Moody’s Ratings qui  maintient son appréciation concernant notre pays au niveau de “Caa1” avec perspective stable, estimant que les besoins de financement extérieur du pays sont désormais mieux maîtrisés grâce à la stabilité des réserves de change.

En effet, l’agence met en relief une évolution positive de la position extérieure tunisienne dans la mesure où les besoins de financement extérieur sont couverts par les réserves en devises fortes qui maintiennent une certaine stabilité et davantage de résilience en dépit de l’existence d’importants remboursements d’euro-obligations.

Il est utile de souligner que la même agence relève que la Tunisie fait montre d’une belle résistance malgré la hausse des importations énergétiques, évaluée aux alentours de 38% en glissement annuel au cours du premier semestre de l’année 2026, et l’augmentation des prix du pétrole, sans pour autant toucher au niveau des réserves en devises couvrant plus de trois mois d’importations.

Il faut reconnaître que cette résilience a été rendue possible grâce à un certain nombre de facteurs, en l’occurrence la croissance des exportations des produits agricoles, le maintien des transferts par les Tunisiens résidant à l’étranger (TRE), sans oublier la progression notable des investissements directs étrangers (IDE) durant le 1er trimestre de 2026.

Cependant, tout ne baigne pas dans l’huile dans la mesure où il faut rester sur la brèche car si une éventuelle détérioration des réserves de change, de la liquidité intérieure ou des déséquilibres budgétaires et extérieurs venait à se produire, une sérieuse dégradation de la notation s’ensuivrait. 

Or, et comme on le constate, si les signes actuels sont encourageants et prometteurs, certaines fragilités peuvent intervenir à tout moment si on n’y prend pas garde.  

A ce propos, la hausse significative de la masse salariale en 2026 et l’exécution du Plan national de développement 2026-2030 pourraient entraîner des risques budgétaires, outre la facture énergétique, de plus en plus corsée, qui pourrait être à l’origine de nouvelles subventions énergétiques à supporter par l’Etat, alors qu’elles représentaient déjà 6,8 % du PIB, en 2025. 

Toutefois, il est loisible de se réjouir de l’actuelle évolution tout en observant une vigilance accrue pour éviter les retours de manivelle dus à une conjoncture internationale marquée par les incertitudes.

Auteur

Noureddine HLAOUI

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