Après plusieurs semaines marquées par des températures exceptionnellement élevées et une Méditerranée affichant des niveaux de chaleur inédits, les premiers signaux issus des modèles climatiques saisonniers invitent à la vigilance.
Selon l’ingénieur en hydrométéorologie Mehrez Ghannouchi, les dernières projections du système européen Copernicus C3S laissent entrevoir une probabilité plus élevée que la normale de précipitations durant le mois d’août 2026, notamment sur les régions de l’ouest de la Tunisie.
Dans une publication diffusée sur sa page officielle Facebook, le prévisionniste précise que cette tendance concerne également d’autres régions du Maghreb. Il souligne toutefois qu’il ne s’agit ni d’une prévision météorologique à court terme ni d’une alerte, mais d’une projection climatique mensuelle fondée sur les derniers modèles saisonniers.
Un scénario favorable aux orages violents
À première vue, l’annonce d’un mois plus arrosé peut sembler rassurante après un été marqué par une sécheresse persistante et des vagues de chaleur exceptionnelles.
Mais Mehrez Ghannouchi rappelle que les pluies qui surviennent après une longue période de fortes chaleurs peuvent être particulièrement intenses.
“Les sols desséchés et une mer Méditerranée exceptionnellement chaude emmagasinent une énorme quantité d’énergie. Lorsque ces masses d’air très chaudes rencontrent des courants plus frais, elles peuvent favoriser la formation d’orages violents capables de déverser d’importantes quantités de pluie en très peu de temps”, explique-t-il.
Selon lui, ce type de configuration correspond à un phénomène que les Tunisiens connaissent depuis longtemps sous le nom de “Ghassalet Ennouader” (le lavage des greniers), une expression populaire désignant les épisodes orageux de fin d’été souvent accompagnés de pluies diluviennes, de crues soudaines et du débordement de certains oueds.
Un appel à la préparation, pas à l’inquiétude
L’expert insiste toutefois sur un point essentiel : son message ne constitue ni une annonce d’intempéries imminentes ni un appel à la panique.
“Notre devoir scientifique est d’attirer l’attention lorsque plusieurs indicateurs climatiques convergent vers un scénario qui mérite d’être suivi”, souligne-t-il.
Dans ce contexte, Mehrez Ghannouchi estime que cette période est propice à des mesures de prévention, parmi lesquelles : le nettoyage des avaloirs et des réseaux d’évacuation des eaux pluviales ; l’entretien des oueds, des canaux et des ouvrages hydrauliques ; la vérification de l’état de préparation de la Protection civile et des commissions régionales chargées de la gestion des risques.
Selon lui, anticiper ne signifie pas que le danger est certain, mais permet aux autorités de prendre les dispositions nécessaires avant d’éventuels épisodes météorologiques marqués.
Mehrez Ghannouchi rappelle enfin que ces projections concernent l’ensemble du mois d’août et ne signifient pas que toutes les régions du pays connaîtront des pluies abondantes.
Il s’agit d’une augmentation de la probabilité de précipitations supérieures aux normales saisonnières, et non d’une certitude.
L’ingénieur indique que les prochaines mises à jour des modèles ECMWF et CFSv2 seront suivies quotidiennement afin de vérifier la stabilité de cette tendance et, le cas échéant, d’identifier avec davantage de précision les périodes susceptibles de connaître les premiers épisodes orageux de la fin de l’été.
En attendant, l’expert conclut son message par un souhait partagé par de nombreux Tunisiens : que ces pluies soient “bénéfiques et porteuses de prospérité”, tout en rappelant que leur intensité pourrait nécessiter une préparation en amont si les signaux climatiques venaient à se confirmer.
R.I



