Prêt Afreximbank : un taux ramené de 9 % à 5,86 % après négociations
La Tunisie a obtenu un prêt souverain d’un montant de 500 millions de dollars auprès de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) destiné au financement d’une partie du budget de l’État pour l’année 2026. La convention de crédit a été approuvée par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) lors d’une séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi relatif à cet emprunt.
Intervenant devant les députés, la ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, a affirmé que ce financement ne constitue pas un “emprunt de consommation”, mais qu’il s’inscrit dans le cadre de la mobilisation des ressources prévues par la loi de finances 2026. Elle a précisé qu’il sera orienté vers le financement des besoins budgétaires de l’État et le soutien aux projets de développement.
La ministre a indiqué que le recours à l’endettement répond aux besoins de financement programmés dans le budget de l’État, lequel prévoit pour 2026 des besoins d’emprunt et de financement du Trésor estimés à près de 27 milliards de dinars, avec un déficit budgétaire avoisinant 4 milliards de dinars.
Selon elle, ce déficit est couvert principalement par les ressources propres de l’État, tandis que le recours aux financements extérieurs intervient dans le cadre d’une stratégie globale de mobilisation des ressources nécessaires au maintien des équilibres financiers.
Un taux d’intérêt ramené à 5,86 %
Concernant les conditions financières du prêt, Michket Slama Khaldi a souligné que le taux d’intérêt obtenu à l’issue des négociations est jugé avantageux. Elle a expliqué que le taux initial proposé s’élevait à environ 9 %, avant d’être réduit à 5,86 % par an grâce aux discussions menées avec l’établissement financier.
Elle a estimé que ce taux est comparable à ceux appliqués aux crédits obtenus par la Tunisie durant les années 2022 et 2023, ajoutant que le prêt sera débloqué en deux tranches : une première de 427 millions de dollars et une seconde de 73 millions de dollars, conformément au rapport de la Commission des finances et du budget de l’ARP.
La ministre des Finances a précisé que ce crédit est un prêt souverain négocié par le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, en sa qualité de mandataire de l’État, conformément aux procédures légales en vigueur.
Elle a également souligné que l’approbation parlementaire des conventions de financement constitue une étape importante, relevant que la partie prêteuse exige et respecte l’accord des assemblées législatives pour les crédits accordés.
L’endettement comme outil de financement
Répondant aux critiques concernant le recours à l’emprunt, Michket Slama Khaldi a estimé que “la dette en elle-même n’est ni bonne ni mauvaise”, mais qu’elle représente un instrument de financement qui dépend des équilibres financiers de l’État et de l’écart entre les ressources disponibles et les dépenses.
Elle a ajouté que la Tunisie privilégie davantage l’endettement intérieur pour des raisons techniques et afin de contribuer à la maîtrise de l’inflation, tout en poursuivant la mobilisation des financements extérieurs programmés.
La ministre a, par ailleurs, affirmé que le président de la République n’a pas rejeté le recours à l’emprunt extérieur, rappelant qu’il a approuvé le décret relatif au crédit contracté par la Banque centrale de Tunisie, au nom et pour le compte de l’État tunisien, auprès d’Afreximbank.
Enfin, elle a assuré que la Tunisie a honoré ses engagements financiers et poursuivi le remboursement de ses dettes, estimant que l’amélioration récente des évaluations des agences internationales de notation constitue un signal positif quant à la crédibilité financière du pays.
R.I



