Méditerranée : un possible système dépressionnaire entre Tunisie, Malte et Sicile
Un système dépressionnaire potentiellement puissant pourrait se développer en Méditerranée au cours des prochains jours, avec un premier scénario de formation entre la Tunisie, Malte et la Sicile. Si les conditions atmosphériques nécessaires sont réunies, ce système pourrait évoluer vers un phénomène de type « “Medicane”, avec de fortes précipitations, des vents dépassant localement 120 km/h et une importante agitation maritime. La trajectoire et l’intensité du phénomène restent toutefois très incertaines à ce stade.
Selon l’expert en environnement Hamdi Hached, les modèles météorologiques envisagent actuellement la formation d’une circulation dépressionnaire entre la Tunisie, Malte et la Sicile les 13 et 14 septembre 2026. Cette évolution serait favorisée par la confrontation entre une masse d’air froid en altitude et des eaux méditerranéennes particulièrement chaudes.
Une telle configuration peut, lorsque les autres paramètres atmosphériques sont réunis, favoriser la formation d’un Medicane, terme utilisé pour désigner un système méditerranéen présentant certaines caractéristiques similaires à celles des cyclones tropicaux.
Dans le scénario le plus intense, le phénomène pourrait générer de très fortes précipitations, des vents dépassant 120 km/h et une forte hausse de la hauteur des vagues, faisant peser un risque sur les zones situées sur sa trajectoire.
La Tunisie peu exposée dans la première phase
Pour la Tunisie, les scénarios actuellement disponibles ne prévoient pas d’impact majeur. Le pays pourrait se trouver dans la zone initiale du système, mais avec un effet faible, voire quasi insignifiant, selon Hamdi Hached.
Malte et le sud de l’Italie apparaissent davantage exposés dans la première phase de l’évolution envisagée.
La suite de la trajectoire demeure cependant très dépendante de l’évolution du système. Le scénario fourni par le modèle européen ECMWF envisage un déplacement vers la Libye, avant un possible renforcement à proximité de la Grèce et de la Crète autour des 17 et 18 septembre.
Le système pourrait ensuite poursuivre sa progression vers la mer Égée, les îles du Dodécanèse et les côtes turques entre les 19 et 20 septembre, selon cette projection.
Des scénarios encore divergents
Ces prévisions doivent toutefois être interprétées avec prudence. Les modèles numériques ne présentent pas actuellement une trajectoire unique.
Le modèle américain GFS propose notamment un scénario plus occidental, selon lequel le système pourrait rester plusieurs jours au-dessus de la mer Ionienne, avec des conséquences davantage concentrées sur l’Italie et la Grèce.
Cette divergence entre les modèles traduit l’incertitude qui entoure encore aussi bien la trajectoire que l’intensité du système. Une évolution de la zone de formation ou de la direction de déplacement pourrait modifier sensiblement les régions susceptibles d’être affectées.
À ce stade, il est donc prématuré de parler d’un cyclone méditerranéen confirmé. Les prévisions décrivent plutôt un scénario météorologique potentiel qui nécessite une surveillance attentive dans les prochains jours.
L’évolution de la situation dépendra notamment du comportement de la masse d’air froid en altitude, de la température élevée des eaux méditerranéennes et de la dynamique générale de l’atmosphère.
Les prochaines mises à jour des modèles météorologiques permettront de mieux préciser la trajectoire et le niveau d’intensité éventuel du système.
R.I



