Exportation de voitures électriques made in Tunisia : Bako Motors ouvre la voie vers l’Allemagne
Le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a donné hier le coup d’envoi de l’exportation du premier convoi de voitures électriques de Bako Motors vers le marché allemand. Après la France, l’Italie, le Qatar et l’Arabie saoudite, la startup tunisienne confirme sa percée à l’international, et plus particulièrement sur les marchés européens, où la demande pour ce type de véhicules est en forte croissance.
La Presse — «Notre voiture connaît un véritable succès sur les marchés européens. Ce sont d’ailleurs nos concessionnaires en Europe qui nous le confirment à travers l’augmentation continue de leurs carnets de commandes. Cela témoigne de la satisfaction des clients à l’égard de notre véhicule», a déclaré Boubaker Siala, CEO de Bako Motors, lors d’un point de presse.
Lancée il y a quatre ans par deux ingénieurs animés par une ambition commune, la startup s’impose aujourd’hui progressivement sur les marchés internationaux. Une étape s’est toutefois révélée déterminante dans cette ascension : l’obtention des homologations et certifications européennes.
«Cela n’a pas été facile. Il nous a fallu deux ans pour obtenir les homologations européennes, qui sont devenues notre visa pour l’Europe et le point de départ d’une histoire à succès sur les marchés européens», a ajouté Boubaker Siala.
En matière d’objectifs, la startup affiche des ambitions élevées tout en restant pragmatique. Au total, 88 véhicules seront exportés cette année. Ce volume devrait être multiplié par dix l’an prochain, puis par cent l’année suivante.
«Le ministère a souhaité accompagner cette opération d’exportation qui est réalisée par une startup tunisienne dont le taux d’intégration dépasse 40 %», a déclaré, de son côté, Dorra El Borji, directrice générale du Commerce extérieur au ministère du Commerce et du Développement des exportations.
Selon elle, cette réussite devrait insuffler une nouvelle dynamique à l’ensemble de l’écosystème tunisien des composants automobiles. Elle a souligné que la valeur ajoutée de Bako Motors ne se limite pas à l’assemblage des véhicules, mais s’étend à plusieurs maillons de la chaîne de valeur grâce à l’implication de producteurs locaux issus de secteurs variés, notamment le design, le textile, la fabrication de batteries et le câblage.
La responsable a rappelé, dans ce contexte, le poids économique de l’industrie des composants automobiles en Tunisie, qui regroupe 280 entreprises et emploie plus de 95 mille personnes. Ce secteur en pleine mutation a hissé le pays au deuxième rang africain, avec des exportations ayant atteint 3,9 milliards de dollars en 2025.
«La Tunisie est un leader dans cette industrie, notamment dans la fabrication de câbles électriques et de pièces de rechange. L’émergence d’entreprises comme Bako Motors, capables de produire ce type de véhicules, n’a donc rien de fortuit», a-t-elle précisé.
Elle a également rappelé que la promotion de la production et de l’utilisation des véhicules électriques figure parmi les priorités de l’État dans le cadre de sa transition vers une économie verte. Cette orientation se traduit notamment par les incitations fiscales introduites par la loi de finances 2026.
Revenant sur le projet Smart Automotive City, qui prévoit la création d’un pôle technologique dédié aux véhicules électriques, connectés et aux composants intelligents, El Borji a indiqué que la Tunisie ambitionne de porter les exportations du secteur à 14 milliards de dinars et d’attirer 300 millions de dollars d’investissements dans l’industrie des véhicules électriques à l’horizon 2027.



