Le projet de la Fifa d’ouvrir le capital de la coupe du monde à des investisseurs privés semble choquer et indigner tout l’univers du ballon rond. C’est que cette mise en vente risque de fracturer, à jamais, notre sport. Et même si, aux dernières nouvelles, ce projet a été abandonné, tout laisse à croire que l’alternative est déjà prête.
Les puristes, les vrais professionnels, tout comme les « bonnes âmes» doivent donc réfléchir sérieusement sur l’avenir du sport roi et planifier un nouveau projet de gouvernance, saine et transparente. C’est seulement ainsi qu’on pourrait anticiper toute mauvaise surprise et, surtout, sauver notre Coupe du monde.
La Presse — La Coupe du monde 2026 a confirmé que le football, sous l’influence invisible de certaines forces totalement étrangères au sport roi, est en train de virer, à grande vitesse, de sa trajectoire sportive, et risque, ainsi, de perdre son code éthique. En effet, et comme le confirment aussi bien les instances responsables que les observateurs internationaux, notre football fait « complaisamment » l’objet d’une marchandisation sans précédent.
Et c’est, encore une fois, le président de la Fifa, Gianni Infantino, qui se présente comme le principal architecte, ou plutôt l’exécuteur, car l’architecture suppose, généralement, une sensibilité profonde, ce qui n’est malheureusement pas le cas de notre responsable. Justement, le 28 juillet dernier, Gianni Infantino a pris tout le monde de court pour présenter, à la surprise générale, un nouveau projet économique portant sur « la création d’une société commerciale, Fifa Forward Entreprise, FFE, dont 20% devraient être cédés à des investisseurs privés».
Une décision que les observateurs qualifient de rupture grave avec tous les fondamentaux qui ont toujours guidé la marche du football. Une reconversion qui permet aux exigences financières de l’emporter sur les intérêts sportifs.
Un souci éco-politique
Il faut reconnaître que ce projet aux couleurs « trumpiennes » (l’un des principaux investisseurs est le frère de l’ex-conseiller et gendre du Président américain) donne une idée assez claire de l’ampleur de la menace éco-politique qui pèse sur l’avenir du football mondial.
Ce qui conforte, encore plus, cette orientation, c’est que ce projet, comme le confirment les spécialistes, ne répond pas à un besoin ou à une urgence financière, étant que sur les quatre dernières années, la Fifa a généré plus de 13 milliards d’euros, un record absolu. Il reflète, plutôt, un souci de pouvoir et une ambition d’instaurer un cercle des « tout puissants », avec des leaders qu’il est facile d’identifier.
Et c’est d’ailleurs cette gravité de la question qui justifie, bien entendu, la réaction de l’Uefa et ses 55 fédérations de boycotter toutes les compétitions de la Fifa, tant « que le projet ne sera pas intégralement abandonné ». Une menace à prendre très au sérieux, surtout que le football européen reste le plus puissant au double niveau sportif et financier.
La même réaction a été retenue par la Concacaf et ses 41 fédérations de football d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale et des Caraïbes. Plus important encore, l’association française AC !! Anti-corruption a déposé, selon les médias étrangers, « une plainte auprès du Parquet financier français pour des faits de corruption et abus de confiance », après l’annonce de ce projet.
Une plainte qui repose, apparemment, sur des projections non déclarées, et qui placeraient, en 2031, le président de le Fifa à la tête de la FFE, avec un salaire annuel de l’ordre de 64 millions de dollars ! Heureusement, que grâce à une forte pression internationale, cette mise en vente proposée par le patron de la Fifa et qui risque de fracturer, à jamais, notre sport, a été abandonnée.
Mais, à en croire certaines sources, il ne s’agit que d’un simple recul provisoire, car le patron de la Fifa est plus que jamais déterminé à aller au bout de ses intentions. Les enjeux sont justement trop importants. De ce fait, les puristes, les vrais professionnels, tout comme les « bonnes âmes, doivent réfléchir sérieusement à l’avenir du sport roi, à planifier un nouveau projet de gouvernance saine et transparente et à en identifier le leader. C’est seulement ainsi qu’on pourrait sauver notre coupe du monde et anticiper toute mauvaise surprise.



