« Notre mer est en ébullition » : à 30°C dans le golfe de Gabès, poissons, posidonies et espèces locales menacés
La mer Méditerranée connaît une hausse exceptionnelle de ses températures, faisant peser de nouvelles menaces sur les écosystèmes marins tunisiens. L’association TunSea pour la Science Participative a alerté, dimanche 2 août 2026, sur l’impact des vagues de chaleur marines, qualifiées de véritable “choc thermique” pour la biodiversité.
Selon l’association, les eaux méditerranéennes et notamment celles bordant les côtes tunisiennes ont enregistré cet été des températures inédites, atteignant jusqu’à 30°C dans certaines zones du golfe de Gabès.
TunSea souligne que ces épisodes de chaleur marine ne constituent plus de simples phénomènes saisonniers ressentis par les baigneurs, mais représentent désormais une menace directe pour l’équilibre des écosystèmes marins.
La Méditerranée, malgré sa superficie limitée (moins de 1% de celle des mers mondiales) concentre une richesse biologique exceptionnelle. Elle abrite entre 7% et 9% des espèces marines de la planète, avec plus de 17.000 espèces recensées, dont près d’un quart sont endémiques.
Une mer qui se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale
L’association rappelle que la Méditerranée figure parmi les régions les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Selon les données citées par TunSea, elle se réchauffe environ 20% plus rapidement que la moyenne mondiale.
Cette évolution entraîne une multiplication des vagues de chaleur marines, devenues plus fréquentes et plus longues au cours des dernières années. En 2025 et 2026, certaines zones de la Méditerranée occidentale auraient enregistré des températures de surface dépassant de plus de 5°C les moyennes saisonnières.
Cette augmentation exerce une forte pression sur de nombreuses espèces, notamment les poissons, les éponges, les coquillages, les coraux et les herbiers marins, avec un risque accru de mortalités massives et de perturbation des équilibres écologiques.
Le golfe de Gabès particulièrement vulnérable
Parmi les habitats les plus menacés figurent les herbiers de posidonie (Posidonia oceanica), considérés comme un élément essentiel de la Méditerranée. Ces écosystèmes jouent un rôle majeur dans l’oxygénation de la mer, la fixation du carbone et l’accueil de nombreuses espèces marines.
Le golfe de Gabès, qui abrite d’importantes superficies de ces herbiers en Tunisie, apparaît comme une zone particulièrement exposée aux effets combinés du réchauffement climatique, de la pollution et des activités humaines.
TunSea met également en garde contre l’aggravation possible de certains phénomènes, comme les proliférations d’algues ou les marées rouges. Ces dernières peuvent provoquer une diminution de l’oxygène dissous dans l’eau et accentuer la mortalité des organismes marins.
Plus de 1.000 espèces exotiques recensées en Méditerranée
L’association alerte par ailleurs sur la progression des espèces invasives favorisée par la hausse des températures. Plus de 1.000 espèces exotiques ont été recensées en Méditerranée, certaines ayant réussi à étendre leur présence grâce au réchauffement des eaux.
Parmi elles figurent notamment le crabe bleu et le poisson-lapin, dont la prolifération peut perturber les espèces locales et modifier les équilibres écologiques.
Face à cette situation, TunSea estime qu’il n’existe pas de solution immédiate permettant d’arrêter le changement climatique, mais insiste sur la nécessité de renforcer la protection des écosystèmes marins.
“ Un écosystème en bonne santé possède une meilleure capacité de résistance”, rappelle l’association, qui appelle à préserver les zones marines tunisiennes afin de protéger à la fois la biodiversité, les ressources halieutiques et l’avenir économique des communautés côtières.



