Asma Jebri : Les stéréotypes du genre limitent les opportunités des femmes et les empêchent d’accéder aux postes de décision
En guise de préparatifs à la Fête nationale de la femme, célébrée chaque 13 août, la ministre Asma Jebri a inauguré un colloque académique dédié à la déconstruction des stéréotypes de genre. Les autorités sectorielles plaident pour une révolution au niveau des représentations sociales de la femme afin d’accélérer l’accès des compétences féminines aux postes de direction. Elle a laissé entendre que l’État penche pour donner une impulsion plus rigoureuse et scientifique à la stratégie d’inclusion des femmes.
En effet, lors de l’ouverture d’un symposium universitaire d’envergure, la ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Asma Jebri, a exposé les nouvelles orientations de son département. Tout en s’appuyant sur des données académiques probantes, l’objectif cardinal consiste à ancrer durablement la présence féminine dans les sphères économiques et politiques. Pour le département de la Femme, les études sociologiques et les travaux de recherche ne doivent plus rester cantonnés aux bibliothèques, mais doivent guider, et activement, l’élaboration des réformes étatiques, notamment pour corriger les perceptions obsolètes qui freinent encore l’évolution des mentalités face aux réalités contemporaines.
« Le combat contre les violences et les discriminations passe impérativement par une mutation des vecteurs d’influence culturelle et médiatique », a-t-elle indiqué. La représentante du gouvernement a insisté sur l’urgence d’institutionnaliser des chartes de bonne conduite au sein des espaces de diffusion publique. Et ce, pour bannir définitivement les représentations et autres clichés réducteurs de la femme et de son rôle. Elle a laissé entendre que « ces schémas de pensée traditionnels agissent comme des barrières invisibles qui confinent les citoyennes dans des rôles subalternes et restreignent leur accès aux fonctions décisionnelles, à la gouvernance ou aux initiatives entrepreneuriales ».
Elle a par ailleurs noté que la sécurisation des plus vulnérables, notamment les mineurs et les aînés, demeure le pivot de la paix sociale.
Si le cadre législatif national et l’accès universel à l’éducation ont permis l’émergence de profils féminins de premier plan sur la scène internationale, les résistances socioculturelles locales exigent un effort collectif permanent. Pour consolider ce modèle de société progressiste, une synergie d’action doit s’établir entre les ministères, les professionnels des médias, les créateurs artistiques et les organisations non gouvernementales. Cette convergence des forces vise à promouvoir un projet citoyen moderne et paritaire, capable de valoriser le capital intellectuel du pays sans distinction de genre.
En réaffirmant la réactivité de ses services face aux initiatives innovantes, la tutelle entend pérenniser le leadership tunisien en matière de droits humains et d’équité sociale.



