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Santé : la Tunisie troisième pays arabe et 49ᵉ au monde

  • 7 août 2026
  • 4 min de lecture
Santé : la Tunisie troisième pays arabe et 49ᵉ au monde

La Tunisie s’est classée troisième au niveau arabe et 49ᵉ à l’échelle mondiale dans le classement des systèmes de santé pour l’année 2025 publié par le magazine américain CEO World, avec un score de 39,37 points. Une performance qui met en avant les atouts de la médecine tunisienne, notamment la qualité de ses compétences médicales, le développement du secteur privé et l’attractivité du pays dans le domaine du tourisme médical.
Cette position, relayée par le ministère de la Santé et les médias publics, constitue une nouvelle reconnaissance internationale du savoir-faire médical tunisien. Mais derrière ce résultat se profile une réalité plus nuancée : celle d’un système de santé qui combine des performances reconnues à l’étranger avec des difficultés persistantes dans les établissements publics.

Un classement porté par les compétences médicales et le secteur privé

La position de la Tunisie dans ce classement s’explique en grande partie par plusieurs facteurs liés à l’ensemble de l’écosystème sanitaire national.
Le pays dispose d’un important capital humain, avec des médecins bénéficiant d’une formation reconnue, des établissements privés développés, des centres spécialisés et une industrie pharmaceutique locale qui contribue à renforcer l’offre médicale.
Au fil des années, le secteur privé de la santé a également consolidé son rôle, notamment grâce à des équipements modernes et à une offre de soins compétitive en termes de qualité et de coût. Ces éléments ont permis à la Tunisie de se positionner comme une destination appréciée pour les patients étrangers.

Le tourisme médical, un atout stratégique

La Tunisie figure depuis plusieurs années parmi les destinations reconnues dans le domaine du tourisme médical, notamment pour la chirurgie esthétique, l’ophtalmologie, la chirurgie dentaire, la chirurgie cardiovasculaire ou encore la rééducation fonctionnelle.
Grâce à des tarifs plus accessibles que dans plusieurs pays européens, tout en offrant des prestations médicales de qualité, le pays attire des patients venus principalement d’Europe, d’Afrique et des pays arabes.
Cette dynamique constitue l’un des éléments qui renforcent l’image internationale de la médecine tunisienne et contribuent aux performances enregistrées dans certains classements internationaux.

Le paradoxe des compétences tunisiennes

L’un des principaux atouts de la Tunisie reste incontestablement son corps médical. Les médecins tunisiens bénéficient d’une solide réputation à l’étranger et plusieurs milliers d’entre eux exercent aujourd’hui dans des établissements européens ou dans les pays du Golfe.
Mais cette reconnaissance internationale s’accompagne d’un défi majeur : la migration des compétences médicales.
Les établissements publics tunisiens font face depuis plusieurs années à des difficultés liées au départ de jeunes médecins, attirés par de meilleures conditions professionnelles à l’étranger. Cette situation accentue la pression sur les hôpitaux publics et pose la question de la capacité du système à retenir ses talents.

Un héritage important en matière de santé publique

La Tunisie bénéficie également d’un héritage historique dans le domaine de la santé de base et de la prévention. Depuis plusieurs décennies, le pays a développé un réseau de centres de santé de base et mis en place des programmes nationaux de vaccination et de lutte contre certaines maladies.
Ces acquis ont permis d’améliorer plusieurs indicateurs sanitaires et constituent un socle important du système de santé national.
Cependant, les défis actuels liés au financement, aux équipements et aux ressources humaines restent au cœur des préoccupations du secteur.

Entre excellence médicale et réforme du public

Le classement de CEO World met en lumière une réalité à deux dimensions : la Tunisie dispose d’une médecine performante, de compétences reconnues et d’un secteur privé capable de rivaliser avec des standards internationaux.
Mais le véritable enjeu demeure celui de transformer ces réussites en une amélioration durable de l’offre publique, afin que l’ensemble des citoyens puisse bénéficier pleinement de la qualité médicale qui fait la réputation du pays.
Ainsi, la troisième place arabe et la 49ᵉ mondiale ne représentent ni la fin des difficultés du secteur sanitaire tunisien, ni un simple chiffre sans portée. Elles constituent à la fois une reconnaissance des acquis et un appel à poursuivre les réformes pour rapprocher davantage la performance internationale du quotidien des patients tunisiens.

Auteur

R. I

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