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45e édition du festival d’été d’Ezzahra : Un come-back inattendu, mais porteur d’espoir

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  • 7 août 2026
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45e édition du festival d’été d’Ezzahra : Un come-back inattendu, mais porteur d’espoir

L’ouverture a eu lieu le 3 août, avec une belle soirée de tarab assurée par l’artiste Maherzia Touil, le programme se poursuivra jusqu’au 15 de ce mois, il était temps qu’Ezzahra retrouve son festival.

La ville d’Ezzahra, ou comme préfèrent l’appeler ses habitants ‘’Saint-Germain’’, est parmi ces villes qui portent merveilleusement leur nom : au-delà de ses paysages qui mêlent la verdure du mont Boukornine et sa plage qui était le lieu de beaux souvenirs, c’est une cité chargée d’histoire, depuis la période coloniale jusqu’à aujourd’hui, d’où son architecture et ses maisons aux toits en tuile rouge. D’ailleurs, derrière cette appellation se cachent des souvenirs doux-amers du bon vieux temps dont ne restent que les photos en noir et blanc, quelquefois en couleurs, de la gare, de la plage, de la Siesta, ainsi que de l’ancien club de basket, constituant tout un musée qui reflète l’aura de cette ville, aussi petite qu’elle soit. Aujourd’hui, le retour du festival dans sa 45e édition après 7 ans apporte des bribes nostalgiques d’une Ezzahra en pleine effervescence artistique et vient redorer son blason. M. Khelifa Yazidi, 70 ans, ancien éclairagiste au festival de Carthage et à celui d’Ezzahra, nous a invité pour un voyage dans le temps à travers son témoignage des années 80 : « J’ai travaillé 16 ans dans le festival de Carthage. En ces temps-là, tout était différent : la technique, l’organisation… Le festival d’Ezzahra était d’abord parrainé par Carthage et en rivalité avec celui d’Hammam-Lif. Soutenu par le festival de Carthage, nous avions le droit de disposer de tout son matériel à titre gracieux. Je me rappelle qu’il y avait, en parallèle à la programmation, des spectacles dans le café culturel où le public assistait à des performances gratuites. Côté budget, grâce à la publicité et à de grands sponsors des alentours. On organisait des soirées de DJ pour financer le festival. C’est comme ça que les recettes augmentaient  de 25.000 dinars pour atteindre près de 200.000 ! C’était l’âge d’or avec  Cheb Khaled, Cheb Mami, Georges Moustaki, … De plus, durant les années 70, il y avait un jury qui faisait le tour de l’Europe et signait des contrats avec des artistes internationaux pour donner naissance à une programmation idéale ; on choisissait les meilleures productions des troupes du théâtre tunisiennes, telles que la « Troupe de la Ville de Tunis » ou « Al Maghreb Al Arabi » pour inaugurer et clôturer le festival. Bref, loin d’être un simple événement estival, c’était toute une vie égayée par la passion pour la musique, le bouillonnement des artistes et la magie de l’échange socioculturel », conclut-il. Pour une ville qui représentait jadis un temple pour les artistes européens, tels que Paul Klee, Auguste Macke et Louis Moilliet, cette parenthèse enchantée sera ainsi une promesse d’espoir aussi bien pour ses habitants que pour ses admirateurs et prouvera que, malgré la noirceur qui domine son présent, la perle de la banlieue sud gardera sa blancheur éclatante et trônera comme une souveraine contre vents et marées. 

Alors quoi de plus beau que de voir notre ville renaître de ses propres cendres grâce au souffle musical ? À vous de venir nombreux pour voir rallumer sa lumière après l’avoir éteinte et profiter de l’atmosphère estivale d’une ville qui continue à aspirer parfum et vie…

Emna Mansouri

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Auteur

La Presse

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