Football national : Savoir repartir du bon pied
Photo : ©Mokhtar HMIMA
Le modèle « économique » du football national repose sur des bases fragiles et précaires, ce qui l’empêche d’avancer et de progresser. Aujourd’hui, il a besoin de prendre le recul nécessaire pour pouvoir repartir du bon pied et entamer, ainsi, sa remontée.
La Presse — La saison footballistique 2026-2027, dont le coup d’envoi est prévu, sauf imprévu de dernière minute, le 22 août 2026, s’annonce, comme les précédentes d’ailleurs, décevante. Dans un climat de pessimisme généralisé. Aucune nouveauté à l’horizon, aucun engagement professionnel prometteur, aucune projection sérieuse, aucun investissement et aucune remise en cause. C’est toujours la navigation à vue, l’improvisation et l’absence de vision. Avec, en plus, ce provisoire qui s’éternise et ces défaillances qui se généralisent, un peu partout.
Et comme l’exercice écoulé, avec son lot de déceptions, on a eu, cette fois aussi, droit à notre petit scandale habituel avec le même acteur que l’année dernière : un bureau fédéral et sa ligue professionnelle, totalement dépassés pour un calendrier bousculé et surtout polémique. Cela signifie que le football tunisien est en crise chronique, pour ne pas dire à l’agonie. Un constat désolant, car après l’humiliation de la dernière Coupe du monde, au cours de laquelle le football tunisien a perdu la face, l’on s’est attendu, réellement, à une remise en question, ou encore à une action d’amour-propre. Ce n’est malheureusement pas le cas, la FTF maintient son modèle fétiche ! Et tout confirme, donc, que la crise est, d’abord, de gouvernance et organisationnelle, sinon comment justifier les erreurs répétitives du bureau fédéral, et ses dépassements de tous genres, comme cela a été prouvé lors du dernier tirage du calendrier.
Comment justifier, aussi, la profondeur des problèmes financiers de nos clubs, dont la majorité se retrouve désormais sous la menace de sanctions sportives et administratives de la Fédération internationale du football. En plus de cette question, le football tunisien, comme l’attestent les différents rapports des analystes, est en pleine dérive logistique et structurelle, ce qui explique la vétusté de nos infrastructures sportives, la limite de nos stades au double niveau quantitatif et qualitatif, l’absence d’une politique d’entretien et de maintenance, et le manque d’un véritable système de formation de jeunes et d’encadrement de nouveaux talents.
Et tout laisse à croire que la situation de notre football serait toujours la même, et elle ne se limite pas à la qualité de l’encadrement technique ou la disponibilité de joueurs de talent, elle est plutôt beaucoup plus profonde. C’est que, et comme le disait tout récemment un journaliste français, « le modèle économique du football tunisien repose sur des bases fragiles et précaires, contrairement aux autres championnats structurés… ». D’où cette « spirale financière dangereuse ».
Gouvernance et rigueur
Une situation qui désole, car le football représente plus qu’un jeu, mais plutôt un enjeu « porteur d’espoir, de fierté et de cohésion sociale », et il mérité certainement mieux. Il a besoin d’une décision qui dépasse notre instance fédérale pour impliquer d’autres forces de la Nation. Et si dans certains secteurs, l’agriculture entre autres, on parle de repos biologiques pour se reconstituer, en football, il serait question d’un repos sportif pour prendre le recul nécessaire et se remettre en cause. C’est seulement ainsi qu’on « pourrait partir du bon pied ».



