Caméras thermiques et surveillance 24h/24 : la Libye renforce sa frontière avec la Tunisie
La Libye a lancé, le 6 août 2026, la première phase d’un projet de sécurisation de sa frontière occidentale, prévoyant notamment le déploiement de moyens de surveillance optique et thermique sur un tronçon d’environ 200 kilomètres. Le projet est mis en œuvre avec l’appui de la mission de l’Union européenne EUBAM Libya et concerne notamment le secteur d’Al-Assah, à proximité de la frontière tunisienne.
La Libye renforce son dispositif de contrôle à sa frontière avec la Tunisie. Le ministère libyen de l’Intérieur a annoncé le lancement de la première phase d’un projet de sécurisation de la frontière occidentale, qui prévoit le recours à des technologies de surveillance destinées à assurer une meilleure observation de la zone frontalière, de jour comme de nuit.
Selon les informations rapportées le 6 août 2026, le projet porte sur un périmètre d’environ 200 kilomètres dans le secteur d’Al-Assah, dans le nord-ouest de la Libye. Il comprend notamment des moyens de surveillance optiques et thermiques, destinés à renforcer les capacités de détection et de suivi des mouvements dans les zones frontalières.
L’opération s’inscrit dans la stratégie du Corps des gardes-frontières libyen pour 2026-2027 et bénéficie de la coopération de la mission d’assistance de l’Union européenne pour une gestion intégrée des frontières en Libye (EUBAM Libya).
Une surveillance renforcée de jour comme de nuit
Le nouveau dispositif doit permettre aux unités chargées de la surveillance frontalière de disposer d’une meilleure visibilité sur le terrain et d’améliorer leur capacité à détecter et suivre les mouvements dans les zones difficiles à surveiller.
La première phase du projet concerne notamment Al-Assah, ainsi que les infrastructures frontalières liées au dispositif de contrôle de la frontière occidentale.
L’objectif affiché par les autorités libyennes est de renforcer la surveillance et le contrôle de la frontière, notamment face aux activités de contrebande, à la migration irrégulière et à la criminalité transfrontalière.
Un projet soutenu par l’Union européenne
Le rôle d’EUBAM est particulièrement important dans ce dispositif. Un rapport récent de l’Union européenne consacré aux activités de la mission indique que le projet de frontière occidentale à Ras Ajdir, Abu Sharaf et Al-Assah comprend des travaux d’infrastructure, la fourniture d’équipements de surveillance et des actions de formation.
Ce même document européen précise que le projet était, au moment de son établissement, presque achevé, la dernière étape mentionnée étant l’installation d’une caméra électro-optique longue portée. Une fois opérationnel, le dispositif doit améliorer la connaissance de la situation, les capacités de réaction et la coopération transfrontalière le long de la frontière entre la Libye et la Tunisie.
Cette information est importante puisqu’elle permet de replacer l’annonce du 6 août dans un projet plus large de modernisation des capacités de contrôle de la frontière occidentale libyenne, plutôt que de la présenter comme une opération isolée.
EUBAM Libya accompagne depuis plusieurs années les autorités libyennes dans la gestion de leurs frontières terrestres, maritimes et aériennes. Son mandat a été prolongé par l’Union européenne jusqu’au 30 juin 2027, avec un budget de près de 52 millions d’euros pour la période concernée. La mission intervient notamment dans le renforcement des capacités libyennes en matière de gestion des frontières et de lutte contre la criminalité transfrontalière, le trafic de migrants et la traite des êtres humains.
Et du côté tunisien ?
Pour la Tunisie, ce renforcement intervient dans un contexte où la sécurisation des frontières constitue également un axe de coopération avec la Libye et l’Algérie.
Le 17 juin 2026, des responsables sécuritaires tunisiens, libyens et algériens se sont réunis à Tripoli pour discuter du renforcement de leur coopération en matière de sécurisation des frontières communes. Les discussions ont porté sur les moyens de consolider la coordination entre les trois pays face aux différents défis transfrontaliers.
Cette dimension régionale est à prendre en compte dans la lecture de l’annonce libyenne du 6 août : le renforcement technologique du dispositif libyen intervient alors que les trois pays cherchent parallèlement à améliorer leur coordination en matière de sécurité frontalière.
Ras Jedir, un point stratégique
Le poste frontalier de Ras Jedir, côté libyen, demeure l’un des principaux points de passage entre les deux pays. Le secteur d’Al-Assah fait partie du même dispositif de sécurisation de la frontière occidentale.
Le projet soutenu par EUBAM englobe précisément Ras Ajdir, Abu Sharaf et Al-Assah, avec des investissements dans les infrastructures, les systèmes de vidéosurveillance et la connectivité informatique. Le document de l’UE publié en 2026 fait état de progrès importants dans ces installations.
Ainsi, l’annonce du 6 août ne signifie pas que 200 kilomètres de frontière viennent d’être entièrement équipés en caméras. Elle marque plutôt le lancement d’une première phase d’un projet de sécurisation couvrant environ 200 km, dans lequel les technologies optiques et thermiques constituent un élément du dispositif.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large de renforcement des capacités de surveillance des frontières libyennes avec le soutien de partenaires internationaux. En 2026, l’Union européenne a notamment lancé de nouveaux programmes consacrés à la gestion des frontières et à la lutte contre le trafic de migrants, tandis qu’EUBAM poursuit son accompagnement technique auprès des autorités libyennes.
Pour la Tunisie, l’enjeu est directement lié à la gestion d’une frontière terrestre stratégique, marquée à la fois par l’importance des échanges entre les deux pays et par les défis liés à la contrebande, aux réseaux criminels et aux mouvements migratoires irréguliers.



