Melhem Zein au Festival international de Hammamet : Au rythme des mawals et de la dabka
Huit ans après son dernier concert en Tunisie, le chanteur libanais Melhem Zein a retrouvé jeudi soir le public du Festival international de Hammamet. Entre ses plus grands succès, les grands classiques de la chanson libanaise et de longs mawals, il a offert une soirée généreuse où la tradition musicale du Levant s’est mêlée à une véritable communion avec un public conquis. Une escale placée sous le signe des retrouvailles, de la mémoire et de l’émotion.
La Presse —Accueilli par une longue ovation dès son entrée en scène, Melhem Zein n’a pas caché son émotion de retrouver la Tunisie. «Nous avons tant regretté la Tunisie et son public au goût raffiné. C’est un honneur d’être parmi vous ce soir», a-t-il lancé Ces quelques mots ont donné le ton d’une soirée qui s’est construite dans la proximité avec les spectateurs. Révélé en 2003 par l’émission Super Star, Melhem Zein s’est imposé au fil des années comme l’une des grandes voix de la chanson libanaise contemporaine. Son univers puise dans le patrimoine musical du Levant tout en laissant une large place à la chanson romantique et au tarab, une identité artistique qu’il cultive depuis plus de deux décennies.
À Hammamet, le programme reflétait parfaitement cette double appartenance. Le chanteur a interprété plusieurs de ses titres les plus populaires, parmi lesquels Nami Ya Hayati, Ghibi Ya Chams Ghibi, Raddou Habibi, Safa Albi, Baddi Hebbak, Kawkabi, Habibi Ma Baaref Lech, Alwah, Andak Hwayeh et Enti Mcheiti.
En parallèle, il a rendu hommage aux grandes figures de la chanson libanaise. Les œuvres de Wadi’ Al Safi, notamment Ramchet Aïn et Ala Al Hada, ont côtoyé Ala Babi Waqef Amarayn de Melhem Barakat, interprétées avec sa propre sensibilité. Un choix assumé, qu’il expliquera plus tard en affirmant préférer s’approprier ces chansons plutôt que d’en reproduire les interprétations originales.
Le folklore libanais a occupé une place centrale tout au long de la soirée. Les rythmes de la dabka, les envolées des mawals et les sonorités orientales, soutenues par les percussions, les cordes et les instruments à vent, ont entraîné un public particulièrement réceptif. Très vite, les refrains ont été repris en chœur et plusieurs morceaux se sont transformés en véritables moments de partage entre l’artiste et les spectateurs.
La puissance de la voix de Melhem Zein demeure son principal atout. Son souffle, son aisance dans les maqâms orientaux et son timbre chaleureux donnent une intensité particulière aux chants montagnards et aux mawals qui ont forgé sa réputation dans le monde arabe.
Par la fidélité à ses racines musicales, la générosité de son interprétation et la sincérité de ses échanges avec le public, Melhem Zein a signé l’une des soirées les plus chaleureuses de cette édition anniversaire du Festival international de Hammamet, offrant au public tunisien des retrouvailles à la hauteur d’une attente de huit ans.



