Industrie pharmaceutique: cette technologie européenne pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la Tunisie
Le consortium européen PIPAC, réunissant De Dietrich, Alysophil, Bruker et Novalix, a annoncé l’achèvement avec succès de son programme pilote consacré à une plateforme de production continue d’ingrédients pharmaceutiques actifs (API), une nouvelle technologie européenne visant à réduire la dépendance à des chaînes de production centralisées et à favoriser des capacités de fabrication plus flexibles et plus proches des marchés.
L’approche repose sur la combinaison de la chimie en flux continu, du suivi analytique en temps réel et d’un système de contrôle intégrant l’intelligence artificielle. Elle permet de produire et de surveiller en continu les composés pharmaceutiques, en alternative aux procédés traditionnels par lots, avec des gains potentiels en matière de flexibilité, de qualité et de rapidité, indique un communiqué de PH Factory.
Le consortium a notamment démontré les capacités de sa plateforme à travers la production en flux continu de fentanyl, un principe actif soumis à une réglementation particulièrement stricte et choisi comme démonstrateur technologique en raison de la complexité de sa fabrication.
Cette avancée intervient dans un contexte marqué par les efforts des gouvernements et des industriels pour diversifier les sources d’approvisionnement en médicaments et renforcer la résilience des chaînes pharmaceutiques, après plusieurs années de perturbations logistiques et de crises sanitaires.
Un intérêt potentiel pour la Tunisie
Pour la Tunisie, qui dispose d’une industrie pharmaceutique en développement et cherche à renforcer sa souveraineté sanitaire, ces technologies pourraient à terme ouvrir la voie à des unités de production plus flexibles et adaptées aux besoins du marché local, selon la même source.
L’implantation en Tunisie de Novalix, l’un des membres du consortium, constitue par ailleurs un élément de cette dynamique. Spécialisée dans la recherche sous contrat pour la découverte de médicaments, l’entreprise est présente dans le pays depuis 2018 à travers sa filiale « Novalix Tunisie ».
L’enjeu est notamment de rapprocher la production pharmaceutique des besoins des marchés locaux, selon le consortium, qui estime que ces nouvelles plateformes pourraient améliorer la flexibilité des sites de fabrication et la sécurité d’approvisionnement.
Après la validation du programme pilote, PIPAC doit désormais préparer la prochaine étape: le déploiement industriel et, à terme, la commercialisation de cette nouvelle génération de plateformes de production d’API.
Pour la Tunisie, cette évolution technologique pourrait ainsi représenter une opportunité de renforcer ses capacités industrielles, de diversifier ses sources d’approvisionnement en principes actifs et de consolider progressivement son positionnement dans la chaîne de valeur pharmaceutique.



