Ligue des champions – Le CA affronte Djoliba au premier tour préliminaire : Pas si facile que cela…
Deux tours intenses et exigeants pour un CA qui a changé et qui attend des renforts en défense, surtout.
La Presse —Contrairement à ce que disent plusieurs supporters clubistes, le CA n’est plus un des prétendants en Afrique. Il n’est plus, aussi, l’un des grands de l’Afrique depuis longtemps. Les statistiques le disent clairement : depuis le fameux titre africain en 1991, aucune consécration et des finales manquées en 1999 et 2011, sans oublier ces cuisants échecs dans les tours préliminaires pour atteindre la phase des poules en Ligue des champions (4 éliminations de suite, de 2008 à 2011 avec un effectif pléthorique). Des chiffres très faibles pour un club qui vit encore sur les souvenirs lointains des années 70 quand le club était très fort à l’époque avant le miracle de la saison 1991-1992.
D’ailleurs, la dernière fois où le CA a joué le tour des groupes en Ligue des champions, c’était en 2019 avec un fiasco retentissant.
Sinon, quelques passages satisfaisants en coupe de la CAF comme en 2017, pas plus.
À partir de là, le tirage au sort du tour préliminaire est tout à fait logique avec un CA placé dans un niveau plus bas que les prétendants et les équipes qui participent souvent à l’épreuve-phare. L’objectif des joueurs de Maher Kanzari est, bien entendu, de passer ce double écueil pour arriver au tour des groupes, ce qui sera un vrai acquis pour une équipe qui refait son retour et qui essaye de gagner en volume et en métier. Quand on s’absente longtemps de la Ligue des champions, les sensations changent, les réflexes aussi et même quand on a un entraîneur aussi chevronné que Kanzari, qui connaît bien l’Afrique et quelques joueurs aussi connaisseurs comme Meriah ou Kinzumbi, les choses ne sont pas si faciles que cela.
Avec quel visage le CA abordera-t-il Djoliba, une vieille connaissance ? Et surtout avec quel groupe de joueurs ?
L’importance du match aller
L’adversaire du CA a raflé le titre au Mali, mais passe par plusieurs problèmes financiers qui ont retardé sa reprise. Néanmoins, les Maliens ont de bons joueurs, et ont plus de vécu continental. Maher Kanzari sait très bien que le match de Radès va être capital pour prendre option sur le second tour. Si le CA ne gagne pas à l’aller, ses chances seraient réduites et la pression sera énorme sur les épaules des joueurs au retour. Justement, Kanzari, qui prend le train en marche après que Benzarti a entamé la préparation, a essayé d’accélérer le travail et de mettre le maximum de touche pour harmoniser un groupe qui a changé par rapport à la saison dernière. Chrifi, Ben Abda, Shili, Zemzmi sont partis, eux qui constituent pratiquement l’ossature défensive. Pour les remplacer, Kanzari a besoin de temps (chose qui n’est pas disponible) et de renforts (qui viennent au compte-goutte). Le groupe clubiste a changé avec des noms qui risquent de partir même avant le match aller au gré du mercato.
En attendant l’arrivée d’au moins un défenseur de calibre et d’un milieu défensif, Kanzari devra piocher dans son effectif et accorder leur chance à des joueurs oubliés par Benzarti ou des jeunes qui attendent de démontrer leurs qualités. Alain Kanté par exemple est de ces joueurs qui peuvent être utilisés face à Djoliba, lui qui plaît à son entraîneur dans le rôle du milieu défensif. Les Zaddem, Chikhaoui, Meriah, Mahressi, en attendant Nkeng, sont aussi des cartes valables qui peuvent apporter une plus-value technique au CA face à Djoliba. L’essentiel est de retrouver l’ambiance africaine avec un groupe frais et capable de prendre option dès l’aller.
Ça joue très gros, car le match de Radès sera le premier contact avec l’Afrique après une longue absence, et même les grands clubs peuvent ne pas bien l’aborder.
Mercato difficile
Pour réussir en Afrique, il faut que l’effectif soit riche en individualités, mais il faut également réussir les premiers matches quel que soit le stade de compétition. Les équipes qui se sont le plus renforcées n’ont pas systématiquement gagné avec le flagrant exemple d’Al Ahly, la saison dernière. Une équipe homogène, régulière et un entraîneur connaisseur suffisent pour réussir. L’écart n’est pas insurmontable avec les ténors, avec un niveau qui n’est pas impressionnant d’une édition à l’autre. Du coup, le CA doit compter sur les solutions qu’il a sous la main et saisir les opportunités sur le mercato pour ramener des joueurs qui connaissent l’Afrique et qui ont la motivation de jouer avec le club. Jusqu’à maintenant, les dirigeants restent très prudents et prennent trop de temps dans un mercato peu généreux en joueurs en fin de contrat de qualité. C’est qu’au CA, on n’a pas les finances et on n’a pas pensé à ramener les moyens et à rentabiliser le titre de champion gagné, pour bien aborder le mercato. Les joueurs bon marché ne sont pas nombreux, les joueurs de grande valeur sont trop chers, mais il faut se renforcer et vite, notamment en défense.
L’équation est difficile à résoudre avant de retrouver la Ligue des champions.



