Les agents municipaux votent un débrayage de 48 heures à l’échelle nationale
Réunie sous la bannière de la centrale syndicale, la commission sectorielle régissant les personnels des municipalités et tout en dénonçant le blocage des négociations avec les autorités de tutelle, semble de diriger vers une cessation collective du travail sur l’ensemble du territoire national. Et ce, pour une durée de quarante-huit heures. A noter que les revendications tournent autour de la modernisation des équipements de salubrité et la sécurisation des personnels.
Les instances représentatives ont délégué le pouvoir d’orchestrer le calendrier et les modalités logistiques de ce mouvement à leur fédération sectorielle, qui agira de concert avec la direction de la fonction publique de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT). Cette démonstration de force syndicale, notent les grévistes, intervient pour « protester contre l’interruption unilatérale des canaux de concertation officielle et le non-respect des engagements financiers et statutaires précédemment consignés par les négociateurs gouvernementaux ».
Le manifeste revendicatif diffusé par la centrale ouvrière met en lumière un profond déficit logistique et sécuritaire sur le terrain. Les syndicats exigent l’amorçage immédiat d’un plan d’envergure destiné à remplacer un parc de véhicules et d’engins techniques jugé obsolète et inapte à assurer les missions de salubrité publique. Le volet humain occupe une place centrale dans les doléances où des demandes pressantes de fourniture d’équipements de protection sanitaire adaptés aux réalités du terrain ont été formulées. Les protestataires revendiquent aussi l’institutionnalisation d’un protocole national de préservation contre les sinistres professionnels.
Ils notent à cet effet que l’émergence de nouveaux risques biologiques et environnementaux au sein des centres de traitement des déchets impose nécessitent une réactualisation urgente des décrets régissant la médecine du travail. L’on demande également le parachèvement de réformes législatives restées en suspens où les grévistes réclament l’application des accords portant sur le statut général de la fonction municipale, l’apurement des primes spécifiques en souffrance et la consécration d’une journée commémorative pour la corporation, parallèlement à une refonte globale du code des collectivités locales.
Sur le plan structurel, le syndicat presse l’exécutif de publier les textes d’application de la nouvelle législation prohibant la sous-traitance et de clarifier le cadre d’exercice des secrétaires généraux de mairies. Ces derniers attendent la régularisation de leurs indemnités pour charges spécifiques ainsi qu’une immunité juridique renforcée dans l’exercice de leurs fonctions de commandement territorial…
Certes les revendications semblent tout à fait légitimes. Mais comme le dit si bien l’adage, « quand les parents trinquent, les enfants boivent ». C’est toujours les enfants de ce pays qui payent et chèrement le prix de tous les bras de fer !
Car malheureusement, les prémices d’une paralysie imminente des services municipaux de proximité se font déjà « sentir » au sens propre et figuré du terme ! La commission administrative régissant les personnels des municipalités a en effet validé le principe d’une grève sur l’ensemble du territoire national et ce, pour une durée de quarante-huit heures. Ainsi, durant deux journées entières, les rues tunisiennes, spécialement celles réputées par la densité d’habitation et de commerce, se transformeraient en un dépotoir à ciel ouvert !
Et ceci se passera alors que le mercure vire déjà vers le rouge. Et il va sans dire que sous de pareilles conditions, les déchets pourrissent triplement plus rapidement… De quoi être un vrai régal pour les microbes et les bactéries et de quoi offrir un véritable festin pour les chiens errants qui rendent déjà la vie difficile aux Tunisiens…



