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Plage de Sidi Salem : La mer n’est pas un dépotoir, elle est notre responsabilité

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  • 8 août 2026
  • 3 min de lecture
Plage de Sidi Salem : La mer n’est pas un dépotoir, elle est notre responsabilité

Photo: © Kaouane Hichem

La plage de Sidi Salem, à Bizerte, n’est pas seulement un lieu de détente. Elle est un symbole de notre rapport à la mer, à la santé publique et à l’environnement.
Des prélèvements effectués le 15 juillet 2026 par l’Association Bizerta Maritime révèlent une vérité brutale : une eau de baignade contaminée par des bactéries pathogènes, dont Salmonella (3 000 UFC/mL) et des streptocoques intestinaux (11 000 UFC/mL).
Ces chiffres ne sont pas des détails techniques : ils dépassent largement les normes fixées par l’OMS et l’Union européenne, qui exigent une absence totale de Salmonella et des seuils stricts pour les entérocoques.
Dans le classement européen, Sidi Salem serait catégorisée “pauvre”, ce qui impose une interdiction immédiate de la baignade.

Une responsabilité politique et morale

Les autorités tunisiennes disposent d’un cadre réglementaire clair, inspiré des directives internationales. Elles savent que la santé des citoyens est en jeu. Pourtant, la persistance de ces bactéries traduit un manque de contrôle, de transparence et de courage politique.
Informer le public, interdire la baignade, publier les résultats : ce n’est pas une option, c’est une obligation. Fermer les yeux, c’est exposer les familles à des infections, c’est fragiliser la biodiversité, c’est miner la confiance des habitants et des touristes.

Un appel à l’action

Les Bizertins et les visiteurs ne peuvent plus accepter que des plages parmi les plus belles, les plus agréables, les plus pittoresques du pays deviennent des zones de non-droit sanitaire. Les responsables devront impérativement :
Agir immédiatement en interdisant la baignade, en signalant clairement les mesures à l’adresse des citoyens et en procédant à des analyses hebdomadaires.
Contrôler les rejets grâce à une surveillance stricte des effluents urbains et industriels et, surtout, sanctionner les contrevenants.
Investir durablement en modernisant les stations d’épuration, en restaurant le littoral et en instaurant une transparence publique des résultats.

La mer comme miroir

La mer nous renvoie l’image de nos choix collectifs. Si nous la polluons, elle nous rend la maladie. Si nous la protégeons, elle nous offre santé, beauté et avenir.
La plage de Sidi Salem n’est pas seulement un lieu de baignade : elle est le symbole d’un rapport fragile entre l’homme et son environnement. La contamination révélée en juillet 2026 n’est pas une fatalité, mais un signal d’alarme. Préserver nos plages, c’est préserver la santé publique, la dignité des citoyens et l’avenir écologique de notre littoral.
Et, en fin de compte, le cas de la plage de Sidi Salem de Bizerte n’est pas un cas isolé : c’est un test de crédibilité pour nos institutions. La question est simple : voulons-nous être les gardiens de notre environnement ou les complices de sa dégradation ?

 

M.B

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Auteur

La Presse

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