Au fait du jour : Gérer autrement la violence
La Presse — Le ministre de la Jeunesse et des Sports a réuni toutes les parties prenantes concernées par l’organisation et l’instauration d’une ambiance calme et sportive dans les stades et salles de sports, car nous avons tendance à oublier que les incidents surviennent là où il y a du public.
Le ministre a demandé de sévir pour calmer les esprits et faire savoir aux supporters des équipes en présence, que nul écart ne sera toléré sous peine de graves sanctions.
Oui, cela n’a rien de nouveau et le public qui pollue l’atmosphère doit être puni.
En fin de compte, ces énergumènes qui viennent semer la pagaille sanctionnent en fait les clubs qu’ils viennent encourager. C’est eux qui paient l’emploi des fumigènes, du lancer des bouteilles ou autres projectiles, des écarts constatés sur les gradins ou sur les terrains, etc. Ces clubs, en plus de la lourde charge qui pèse sur eux, se doivent de payer les amendes et se mettent par voie de conséquence en danger en cas de récidive.
Le public n’en a cure. Les quelques perturbateurs sont retenus et jugés.
Mais ensuite ? Qui garantit que l’ambiance sera meilleure lors de la prochaine rencontre ? Personne. Les stades ne l’oublions pas, ne reçoivent pas que les supporters. Il y a des perturbateurs, des trublions professionnels qui y jouent un rôle important. C’est la raison pour laquelle nous avons toujours soutenu qu’en plus des dispositions à prendre au niveau de l’organisation, il y a un moyen plus sûr de contrôler le public. Cela nécessite, il est vrai, une infrastructure répondant à ces conditions incontournables que sont des gradins organisés, bien isolés et bénéficiant de vomitoires assez spacieux, des blocs sanitaires intelligemment répartis, des buvettes placées à des endroits bien étudiés, des produits mis à la vente ne présentant aucun danger en cas de lancement sur le terrain. Où trouverions-nous ces conditions alors qu’au niveau de toute la république, un seul stade est homologué et que deux autres sont encore en attente ?
C’est la raison pour laquelle, nous pensons tout d’abord qu’il faudrait que les clubs, pour ne pas subir ces sanctions qui les handicapent énormément à tous les points de vue, donnent la priorité à un public reconnu. Les abonnements permettent d’une part d’avoir de l’argent frais pour les clubs et une sélection du public qui soulage, d’autre part.
Des sanctions ? Il y a des énergumènes qui sont souvent hors de tout contrôle et qui demeurent prêts à tout pour arriver à leurs fins.
La question qui se pose est bien celle qui n’a pas encore de réponse : pourquoi sanctionner les clubs et les jeunes disciplinés et calmes, de véritables fans, alors que les conditions d’organisation actuelles sont totalement inopérantes ?
Commençons par remettre à niveau notre infrastructure pour en faire un outil de travail aussi bien pour les clubs que pour les organisateurs qui fonctionnent comme ils le faisaient au siècle dernier.
C’est le seul moyen de reprendre le contrôle d’un public qui, heureusement, n’est pas bicolore mais limité au seul club recevant.
Une catastrophe financière pour les clubs et une mise hors d’usage du seul moyen de se défouler pour des jeunes qui ne savent que faire le dimanche.



