Ensemble pour sauver les caisses sociales
Les caisses sociales en Tunisie constituent le principal pilier du système de sécurité sociale dans la mesure où celui-ci repose sur deux caisses essentielles pour les régimes de base et une autre structure chargée de la couverture sanitaire dans le but de faciliter la vie aux travailleurs et de garantir les régimes de retraite, tout en assurant la prise en charge des soins de santé ainsi que les remboursements pour les assurés des deux régimes dans le public et le privé.
Pourtant, au lieu de faciliter les conditions de vie des citoyens, les différentes caisses en question souffrent d’un déficit structurel qui va croissant jusqu’à atteindre, selon les derniers chiffres, près de sept milliards de dinars, ce qui serait dû, entre autres, au vieillissement de la population et à la baisse du ratio actifs/retraités.
Or, cette situation a un impact fortement négatif sur les capacités de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) qui se trouve, dans de nombreux cas, dans l’incapacité de payer les prestataires parmi les établissements sanitaires, dont notamment les hôpitaux, les cliniques privées, les pharmaciens et les médecins, pourtant conventionnés avec ladite Caisse qui ne perçoit pas, à son tour, le montant des taux de cotisations versées par les assurés.
Il s’agit, donc, d’une sorte de cercle vicieux qui a conduit, à titre d’exemple, certaines cliniques à refuser les prises en charge délivrées par la Cnam au profit de patients devant subir des interventions chirurgicales, ce qui pose de sérieux points d’interrogation quant aux risques posés aux citoyens impliqués dans un état plus ou moins grave pour l’avenir de leur santé.
Il faut dire qu’il est plus que temps de penser à entamer une réforme globale desdites caisses, devenue impérieuse dans le cadre d’une révision en profondeur de l’ensemble des composantes du système de sécurité sociale, comme l’a souligné le Chef de l’Etat, avec une approche prospective et rationnelle prenant en compte l’impératif de justice et d’équité afin de préserver les droits du peuple tunisien.
Ainsi, face à ce déficit structurel, les experts indiquent qu’il est nécessaire de diversifier les sources de financement pour garantir la pérennité desdites caisses grâce, notamment, à une intégration d’une partie des 2,5 millions de travailleurs dans le circuit informel, et ce, dans l’objectif évident d’élargir l’assiette des cotisations et de renflouer, par voie de conséquence, les fonds des caisses sociales.
Ainsi, pour la mise en place d’un Etat social pérenne, il va sans dire qu’il est impératif de remettre les caisses sociales sur la bonne voie pour qu’elles jouent leur rôle en faveur des diverses catégories de la population dans toutes les régions du pays.



