CA – Le dossier Fahd Mesmari : Un cas qui en dit long !
Encore une fois, les dirigeants clubistes brillent par leur mauvaise gestion des contrats. Si ce dossier n’est pas résolu amicalement, le club risque un litige pénible pour un petit et insignifiant joueur.
La Presse — Tout ça pour ça ! Le CA, à peine remis de la déferlante des litiges pour arriérés d’ex-joueurs et entraîneurs, risque d’y replonger encore une fois après la résiliation unilatérale de Fahd Mesmari. Un dossier qui chauffe depuis la saison dernière avec un joueur qui ne rate aucune occasion pour chercher un bras de fer. D’abord, l’épisode de son arrivée où son club n’a pas perçu l’indemnité du transfert sous la présidence de Heykel Dekhil. Et puis, à l’intersaison, Mesmari crée une inutile polémique avec une publication sur les réseaux sociaux où il attaque les dirigeants et le staff technique pour justifier son échec sportif. Gracié, il revient, mais il ne parvient pas à gagner un temps de jeu. Seul le derby de l’aller est un point lumineux de sa saison, trop peu pour un joueur étranger. Pas de buts, pas d‘impact dans les matches décisifs, Mesmari n’a rien réussi et son transfert est presque un fiasco. Pourtant, on le présente comme un joueur technique, doué, capable du meilleur si on lui accorde sa chance. Peu défendable, car le Libyen n’est pas ce joueur brillant dans les duels un contre un, dans les appels ; les qualités techniques ne suffisant pas s’il n’ y a pas de volonté et de mental. Ni Bettoni, ni Benzarti n’étaient convaincus par Mesmari qui, avant le début du championnat, se rebelle carrément et décide de résilier son contrat. Un geste risqué, car même juridiquement, si ses trois derniers salaires (et même moins) sont payés, son acte n’a pas de sens selon des experts. Le Libyen réclame une étrange prime de qualification à la Ligue des champions estimée à 50.000 dollars. Et c’est là le point le plus sensible de cette polémique. Comment Heykel Dekhil, Hamed Mbarek et Mehdi Miled, les décideurs à l’époque où Mesmari signe son contrat ont-ils approuvé une clause pareille ? Et si elle n’était pas mise au début du contrat et ajoutée plus tard en tant qu’avenant (c’est encore plus grave), comment cela a-t-il été accepté ? Logiquement, une prime de qualification à la ligue des champions ne concerne pas un seul joueur qui plus est remplaçant de luxe. La clause en question est suspecte, et même si juridiquement, elle est valide, sportivement, elle est inappropriée. Elle est même toxique et suspecte. Aujourd’hui, le CA est devant une bombe à retardement qui a éclaté avec deux issues possibles: un litige à la Fifa et un risque d’interdiction de recrutement ou une résolution du problème à l’amiable. Le joueur n’est pas dupe pour engager un acte pareil s’il n’est pas conseillé (un débat juridique s’est ouvert sur la validité de cette résolution unilatérale).
Mehdi Miled, la bourde de plus
Le vice-président du CA et unique décideur des affaires du football cumule les erreurs de gestion des contrats et de l’effectif. Soumis aux vœux de l’ex-entraîneur Benzarti et de son fils, l’influent agent de joueurs qui lui ont collé sur le dos des joueurs comme Srarfi, Harzi, Bouguerra, Meriah et Chikhaoui, Miled devra aussi résoudre le dossier de Mesmari qui devait être cédé depuis la fin de la saison. Miled n’a pas réussi à convaincre le Libyen de partir malgré des offres intéressantes, et cela est une erreur monumentale. Il savait ce qu’il y avait dans le contrat de Mesmari, mais il n’a rien fait pour éteindre tôt le feu. Et avec des joueurs étrangers qui traînent, dont le fameux Tene Wells, le dirigeant clubiste aime prendre son temps et n’écoute personne. Résultat, un effectif déséquilibré avec des postes surchargés et d’autres vacants, des joueurs étrangers qui n’ont aucun apport comme Kinzumbi par exemple et que Mehdi Miled n’arrive pas à commercialiser pour dégager des places dans l’effectif et dégraisser la masse salariale. Le cas Fahd Mesmari vient rappeler que le CA est un club qui ne peut pas vivre sans problèmes et sans polémiques. Et tout cela parce que ses dirigeants sont toujours en retard sur les dossiers et passent leur temps à exercer le pouvoir et entrer dans des conflits silencieux et fatals dans les coulisses. Entre-temps, trois mois après le sacre clubiste, aucun match-gala, aucun concert musical d’envergure pour fêter le titre et faire rentrer de l’argent, et, le plus important, une boutique des articles du club vide et délabrée au Parc A. Aucun maillot dédié au titre n’a été commercialisé, les rayons de la boutique sont vides et tristes, alors que des centaines de milliers de supporters attendaient impatiemment ces produits pour renflouer les caisses. N’est-ce pas Mehdi Miled ?



