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“Puissance douce” : la Tunisie 75e mondiale… Que révèle ce classement ?

  • 12 août 2026
  • 5 min de lecture
“Puissance douce” : la Tunisie 75e mondiale… Que révèle ce classement ?

La Tunisie occupe la 75e place mondiale dans le Global Soft Power Index 2026 de Brand Finance, avec un score de 36,7/100, contre la 79e place en 2025. Si elle reste derrière le Maroc et l’Algérie dans le classement, elle devance plusieurs pays arabes et africains. Un indicateur qui mesure moins la puissance économique ou militaire que la capacité d’un pays à séduire, convaincre et exercer une influence par son image, sa culture, ses valeurs et son attractivité.

Soft Power : la Tunisie gagne quatre places et se classe 75e mondiale

La Tunisie progresse dans le classement mondial de la puissance douce. Le pays occupe la 75e position sur 193 pays dans le Global Soft Power Index 2026 publié par le cabinet britannique Brand Finance, avec un score de 36,7 points sur 100. Elle gagne ainsi quatre places par rapport à l’édition 2025.

Cette progression reste toutefois mesurée en termes de score : la Tunisie affiche 36,7 points, contre 36,3 points en 2025, soit une hausse de 0,4 point. Elle se situe ainsi à la 75e place mondiale, juste derrière l’Algérie, classée 74e avec 36,8 points.

Le Soft Power désigne la capacité d’un pays à influencer les préférences et les comportements d’autres acteurs internationaux par l’attraction et la persuasion plutôt que par la contrainte. Il ne s’agit donc ni d’un classement de puissance militaire, ni d’un classement strictement économique.

Pour établir son indice, Brand Finance s’appuie sur une vaste enquête internationale menée auprès de plus de 150.000 personnes dans plus de 100 marchés. Les 193 États membres des Nations unies sont évalués à travers 55 critères, qui permettent de mesurer différentes dimensions de leur image et de leur influence internationales.

L’indice prend notamment en compte la familiarité, la réputation et l’influence, mais également des dimensions liées aux affaires et au commerce, aux relations internationales, à l’éducation et aux sciences, à la culture et au patrimoine, aux médias et aux communications, à la gouvernance, au développement durable ainsi qu’aux personnes et aux valeurs. Brand Finance analyse également l’attractivité des pays et les perceptions liées à leur capacité à être visités, étudiés, investis ou à y travailler.

L’intérêt de cet indicateur réside ainsi dans sa capacité à mesurer une dimension de plus en plus importante de la compétition internationale : l’image d’un pays et sa capacité à transformer cette image en influence. Pour les États, le Soft Power peut notamment contribuer à l’attractivité touristique, à la capacité à attirer des talents et des investissements, à la diplomatie et au rayonnement culturel.

Une présence tunisienne au milieu du classement mondial

À l’échelle du Maghreb, la Tunisie se classe derrière ses deux voisins. Le Maroc occupe la 50e place mondiale, avec un score de 40,6/100. L’Algérie arrive au 74e rang, avec 36,8 points, soit seulement 0,1 point de plus que la Tunisie. La Tunisie se situe donc à seulement un rang de l’Algérie, mais à 25 places du Maroc.

À l’échelle africaine, la Tunisie figure également derrière plusieurs poids lourds du continent. L’Égypte occupe la 40e position mondiale avec 44,8 points, l’Afrique du Sud la 43e avec 44,2 points, tandis que le Maroc arrive 50e. La Tunisie se situe donc au sixième rang africain, derrière l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Maroc, le Nigeria et l’Algérie.

Par ailleurs, avec ses 36,7 points, la Tunisie se trouve dans un groupe relativement homogène. Elle est devancée de peu par l’Algérie (36,8) et le Costa Rica (37,1), mais devance notamment le Salvador (36,6), le Pérou (36,6) et le Paraguay (36,4).

La progression tunisienne est d’autant plus intéressante qu’elle intervient dans un classement où les écarts peuvent être faibles entre plusieurs pays. Entre l’Algérie, 74e avec 36,8 points, et la Tunisie, 75e avec 36,7 points, l’écart n’est que de 0,1 point.

Le contraste avec les pays arabes

Le classement met également en évidence de fortes différences entre les pays arabes. Les Émirats arabes unis se distinguent en occupant la 10e place mondiale, avec 59,4 points, et restent le pays arabe le mieux classé. L’Arabie saoudite arrive 17e avec 55,9 points, tandis que le Qatar se classe 20e avec 54,9 points.

L’Égypte, avec sa 40e place et ses 44,8 points, devance nettement le Maroc. Celui-ci reste toutefois le deuxième pays arabe d’Afrique du Nord derrière l’Égypte et conserve une position solide au 50e rang mondial. La Tunisie, pour sa part, se classe 75e, derrière notamment la Jordanie (62e). Le Liban arrive 89e, tandis que la Libye se situe au 127e rang.

Le classement arabe est donc dominé par les pays du Golfe, avec les Émirats, l’Arabie saoudite et le Qatar parmi les mieux positionnés, tandis que les pays du Maghreb affichent des performances plus contrastées.

Les États-Unis restent premiers, malgré un recul marqué

À l’échelle mondiale, les États-Unis conservent la première place avec 74,9 points, devant la Chine, deuxième avec 73,5 points. Le Japon occupe la troisième place avec 70,6 points, devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. La France se classe 6e avec 65,8 points.

Le classement 2026 est toutefois marqué par une évolution importante : les États-Unis enregistrent la plus forte baisse de Soft Power parmi les 193 pays évalués, avec un recul de 4,6 points par rapport à 2025, tout en conservant leur première place. Brand Finance souligne notamment une dégradation de la perception américaine en matière de réputation et de plusieurs attributs liés aux personnes et aux valeurs.

À l’inverse, le Japon, la Suisse, l’Italie, les Émirats arabes unis et la Corée du Sud figurent parmi les pays ayant fait preuve d’une plus grande résilience dans le classement 2026.

Auteur

R. I

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