A Gibellina : La mémoire partagée des terres de Sicile et de Tunisie
D’un côté comme de l’autre du Détroit de Sicile, ce fut un succès réel, eu égard au dessein que se sont assigné les organisateurs de l’événement : contribuer un tant soit peu au rétablissement du courant d’échanges entre les deux parties à travers les objectifs de photographes engagés dans ce sens.
La Presse — Samedi 5 septembre prochain s’ouvrira dans la localité de Gibellina, en Sicile, une exposition intitulée « Terres de Sicile et de Tunisie, mémoire partagée ». Cette manifestation, qui se prolongera jusqu’au 24 du même mois, s’inscrira dans le cadre d’un événement beaucoup plus ample, celui de la célébration de la ville en tant que « capitale de l’art contemporain » pour l’année en cours. On sait que la Gibellina historique, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de la ville de Trapani, a été anéantie en 1968 par un tremblement de terre et qu’elle s’est reconstruite avec le concours d’architectes et d’artistes mondialement connus qui l’ont ressuscitée sous forme d’un véritable musée de plein air. Depuis, elle est devenue un pôle d’attraction touristique majeur de la Sicile.
Cette exposition est le fruit de la collaboration de deux associations de photographes amateurs, l’une tunisienne et l’autre italienne. La première a été fondée en 2024 sous l’appellation « Didon et Enée » à l’initiative de Elimo Rizzo, un résident originaire de la grande île voisine et qui avait passé son enfance dans notre pays. La seconde, dénommée « I Colori della Vita », beaucoup plus ancienne, est implantée dans la localité de Trapani. Sous l’impulsion de Rizzo, les deux associations ont été jumelées en 2025. La même année, elles organisaient, tour à tour à Tunis puis à Trapani, leur première exposition sous l’intitulé « Mer de Sicile et de Tunisie, d’une côte à l’autre ». A travers cet événement, les organisateurs conviaient le public à « un voyage idéal entre les deux rives de la Méditerranée, pour donner de la visibilité à des lieux et des personnes souvent oubliés ».
D’un côté comme de l’autre du Détroit de Sicile, ce fut un succès réel, eu égard au dessein que se sont assigné les organisateurs de l’événement : contribuer un tant soit peu au rétablissement du courant d’échanges entre les deux parties à travers les objectifs de photographes engagés dans ce sens. Pour confirmer l’élan né de la première rencontre, ils avaient programmé un deuxième événement tourné, celui-là, vers l’intérieur des terres dans les deux régions (le premier s’était arrêté au rivage). D’où l’intitulé de ce deuxième événement qui voit « l’attention des photographes se déplace[r] des côtes vers l’arrière-pays, pour découvrir des paysages et des communautés qui incarnent la résilience et la force des racines rurales. »



