Signature du « Pacte national pour la santé » pour accélérer la transformation numérique
Le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, et le ministre des Technologies de la Communication, Sofiane Hemissi, ont signé, jeudi, le « Pacte national pour la santé », en présence de plusieurs ambassadeurs, de représentants d’organisations et d’institutions internationales ainsi que de partenaires du secteur de la santé.
La signature de ce pacte intervient à l’occasion de la clôture de la conférence internationale sur la santé numérique « Telehealth Connect 2026 », organisée à Tunis les 29 et 30 septembre ainsi que le 1er octobre 2026.
Le « Pacte national pour la santé » vise à accélérer la réalisation de la couverture sanitaire universelle et à renforcer l’exercice du droit à la santé, consacré par l’article 43 de la Constitution de 2022, en faisant de la transformation numérique un levier essentiel pour développer le système de santé et améliorer l’accès aux soins.
Le pacte repose sur six axes principaux : garantir un accès numérique équitable aux services de santé, assurer la continuité et la coordination des parcours de soins, mettre en place une gouvernance souveraine et sécurisée des données de santé, moderniser les infrastructures et les plateformes numériques, développer les compétences, la recherche et l’innovation, ainsi que renforcer la sécurité de la chaîne d’approvisionnement en médicaments.
Le ministre de la Santé a indiqué que ce pacte constitue un accord entre le ministère de la Santé et ses partenaires internationaux, notamment le Japon, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale, afin de soutenir les efforts de la Tunisie en faveur de la couverture sanitaire universelle.
Il a souligné que la santé numérique constitue désormais l’un des principaux piliers de cet objectif, notamment en facilitant l’accès aux soins pour les citoyens des régions intérieures. La télémédecine et la numérisation doivent permettre aux patients de bénéficier d’expertises médicales et de technologies modernes sans avoir à supporter les contraintes liées aux déplacements et les coûts matériels et physiques qui en découlent.
Le ministre a rappelé que la Tunisie a déjà réalisé plusieurs avancées dans le domaine de la transformation numérique du secteur de la santé. La plateforme nationale de vaccination « EVAX » a notamment permis de connecter près de 2.000 centres et d’assurer le suivi de 13 millions de doses.
La généralisation de l’identifiant national de santé, du dossier médical partagé et de la télémédecine est également en cours à l’échelle nationale, après la réussite des phases pilotes.
Selon le ministre, les trois journées de la conférence « Telehealth Connect 2026 » ont permis d’approfondir les discussions entre les différentes parties prenantes et d’aboutir à la signature du pacte. La prochaine étape sera consacrée à la mise en œuvre des engagements pris et à la poursuite de la coopération avec les différents partenaires.
Mustapha Ferjani a également souligné que le Sommet mondial de la santé numérique organisé en Tunisie en 2026 a ouvert de nouvelles perspectives de coopération avec plusieurs organisations, pays et entreprises actives dans le domaine, avec la participation de plus de 35 pays et d’experts internationaux.
La rencontre a notamment débouché sur « la Déclaration de Tunis », qui constitue une feuille de route pour renforcer la coopération dans le domaine de la santé numérique. Celle-ci accorde une importance particulière à la souveraineté numérique, à la protection des données personnelles et au développement des capacités nationales, ainsi qu’à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle dans le secteur de la santé.
Un autre rendez-vous est prévu en décembre prochain au Japon afin d’examiner la feuille de route relative à la couverture sanitaire universelle, en collaboration notamment avec l’OMS, le Japon et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA). Les engagements de la Tunisie dans le cadre du « Pacte national pour la santé » seront ensuite présentés lors du Sommet sur la couverture sanitaire universelle, prévu à Tokyo en décembre 2026.
Le ministre de la Santé a insisté sur le fait que la transformation numérique ne devait pas se limiter à la simple numérisation des procédures. Elle doit, selon lui, permettre de repenser l’organisation et le fonctionnement du système de santé afin de mieux répondre aux besoins des citoyens.
Le succès de cette transformation devra ainsi être mesuré à l’aune de son impact concret sur les services de santé, notamment en matière d’accès aux soins, de continuité et de qualité.
Le pacte prévoit, par ailleurs, de fédérer les efforts des différentes parties prenantes, notamment les structures publiques, les professionnels de santé, les institutions académiques, le secteur privé et les partenaires internationaux.



