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Manouba : Vingt-cinq ans de labeur féminin au service des forêts tunisiennes

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  • 16 août 2026
  • 3 min de lecture
Manouba : Vingt-cinq ans de labeur féminin au service des forêts tunisiennes

Leurs mains connaissent chaque grain de sable. À Borj Amri et Essadkia, à Douar Hicher, neuf ouvrières se lèvent chaque matin pour faire ce que peu remarquent et que personne ne peut ignorer : planter les forêts de demain.

Ces femmes ont commencé il y a plus de vingt-cinq ans. Vingt au départ, elles sont neuf aujourd’hui.

Les pépinières relevant de la direction des forêts de la délégation régionale du développement agricole de Manouba leur ont tout appris et elles ont tout donné en retour.

Fatma Lebben, 58 ans, raconte à l’agence TAP une journée sans temps mort : remplir les sachets de sable, les aligner dans les bassins, semer avec précision, arroser, désherber, nettoyer. Pénibles, ces tâches n’entament pas leur volonté et persévérance.

« Ce lieu m’a appris la patience », confie-t-elle. Depuis le décès de son mari, le salaire de Fatma Lebben est la principale source de revenu de sa famille. Elle ne s’en plaint pas, elle en est fière.

Soulef Hbibi, 51 ans, elle, appelle la pépinière « ma seconde famille ». Elle bêche, pellette, prépare le sol sans compter les heures.

Les tâches les plus physiques existent mais la frontière entre ouvrières et ouvriers s’efface dans le travail quotidien. Même labeur, même exigence, raconte-t-elle. 

Souad Hamdi, quant à elle, ne cherche plus à expliquer ce qu’elle ressent. Elle le sait. Les années ont bâti une expertise que les manuels n’enseignent pas. Une expertise qui leur a permis de reconnaître ce dont chaque plant a besoin, d’anticiper les changements de sol et de température et de lire la terre avant qu’elle ne parle.

Pour elle, le « meilleur moment, c’est la récolte. Quand on voit que les mois de travail n’ont pas été vains. » 

Mohsen Trabelsi, responsable des pépinières à la direction des forêts de Manouba, a rendu hommage au rôle de ces femmes, confirmant qu’elles assurent 90 % des activités dans les deux pépinières.

Leur précision dans le désherbage et la préparation des semences est irremplaçable, se félicite t-il, estimant que leur présence quotidienne est un facteur clé de succès pour la production des plants sains, adaptés, prêts à prendre racine là où la forêt doit vivre.

Chaque plant qui quitte la pépinière porte l’empreinte des mains de ces neuf femmes, chevilles ouvrières de la forêt tunisienne.

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Auteur

La Presse

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