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Métro de Sfax : coûts, financement, investisseurs… ce que la nouvelle mission de la BAD doit trancher

  • 17 août 2026
  • 5 min de lecture
Métro de Sfax : coûts, financement, investisseurs… ce que la nouvelle mission de la BAD doit trancher
Image d’illustration

Après plus d’une décennie d’attente, le projet du métro de Sfax entre dans une nouvelle phase de préparation. La Banque africaine de développement (BAD) recherche actuellement un bureau d’ingénieurs-conseils chargé d’actualiser les études techniques, économiques et financières relatives à la première tranche de la ligne T1, mais aussi de préparer les conditions de sa réalisation dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP).

L’avis à manifestation d’intérêt, publié le 22 juillet 2026, est financé par un don du Urban and Municipal Development Fund (UMDF), logé à la BAD. Selon l’avis officiel, les manifestations d’intérêt doivent être déposées au plus tard le 17 août 2026 à 16h00 GMT.

La mission, dont la durée est estimée à 10 mois, ne se limite pas à une actualisation des études existantes. Le futur consultant devra notamment réévaluer la demande actuelle et future de transport, la rentabilité économique du projet ainsi que sa soutenabilité budgétaire. Il devra également revoir les coûts d’investissement et d’exploitation, analyser le cadre juridique applicable et élaborer un modèle financier permettant de tester différents scénarios de structuration.

Des investisseurs à identifier

L’un des volets les plus révélateurs de cette nouvelle étape concerne le “market sounding”, c’est-à-dire le sondage du marché destiné à identifier d’éventuels investisseurs intéressés par le projet.

Le consultant devra, à partir de ses analyses, proposer la structure optimale du PPP et accompagner la Société du Métro Léger de Sfax (SMLS) et le gouvernement dans le choix du modèle contractuel définitif. Il devra également préparer les éléments nécessaires à la future procédure de mise en concurrence, notamment les dossiers d’appel d’offres, les projets de contrats et le règlement du dialogue compétitif.

Cette démarche intervient alors que le recours au PPP pour la première tranche de T1 avait déjà été approuvé par l’Instance générale de partenariat public-privé en novembre 2021, puis par le ministère des Finances en juin 2022. La BAD précise désormais que la SMLS se prépare au lancement d’un appel d’offres international pour sélectionner le partenaire privé.

Un projet conçu pour transformer la mobilité à Sfax

Le “métro de Sfax” correspond en réalité à un projet plus vaste de transport collectif en site propre (TCSP) destiné au Grand Sfax. Il prévoit essentiellement deux lignes de tramway et trois lignes de bus à haut niveau de service, pour un réseau d’environ 70 kilomètres. La première tranche de la ligne T1 doit couvrir 13,5 kilomètres.

L’enjeu est important pour une agglomération où le transport collectif ne répond plus suffisamment aux besoins de mobilité. L’Instance générale de partenariat public-privé souligne que la part des déplacements urbains effectués en transport public a fortement diminué au cours des dernières décennies, passant de 43 % à 21 %.

Pourquoi le projet n’a-t-il toujours pas démarré ?

Créée en juillet 2015, la SMLS est chargée du développement du réseau de transport collectif de Sfax et de ses banlieues. Mais onze ans plus tard, le projet n’est toujours pas entré dans sa phase de réalisation.

Une récente mise au point gouvernementale a confirmé en juillet 2026 que le projet n’était pas abandonné et demeurait parmi les projets structurants prioritaires. Les autorités ont fait état d’avancées dans les études, le déplacement des réseaux et l’acquisition des biens nécessaires, mais ont également indiqué que le passage aux travaux reste tributaire de la finalisation de procédures foncières, notamment les expertises et la libération de l’emprise du projet.

Le ministère du Transport avait déjà confirmé en mars 2025 la poursuite de l’appui de la BAD au projet et l’objectif d’entamer la première phase dans les meilleurs délais.

Une nouvelle étude, mais pas encore le début des travaux

La nouvelle intervention de la BAD constitue donc une étape de maturation, et non une annonce de démarrage du chantier.

Elle doit permettre de répondre à plusieurs questions déterminantes : combien coûtera réellement le projet après actualisation des investissements et des coûts d’exploitation ? Quel modèle de PPP sera viable ? Quelle contribution devra apporter l’État ? Et surtout, quels investisseurs seront prêts à s’engager ?

Autrement dit, après onze années de reports, le défi du métro de Sfax n’est plus seulement de disposer d’un tracé ou d’études techniques, mais de parvenir à construire un modèle financièrement soutenable et suffisamment attractif pour passer enfin à la contractualisation puis aux travaux.

R.I

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R. I

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