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La fin des vacances, le Mouled et la rentrée scolaire : un véritable marathon financier pour les familles tunisiennes : Des dépenses à n’en plus finir…

  • 18 août 2026
  • 6 min de lecture
La fin des vacances, le Mouled et la rentrée scolaire : un véritable marathon financier pour les familles tunisiennes : Des dépenses à n’en plus finir…

À peine les valises remisées et les dernières dépenses estivales achevées, le Mouled fait son apparition avec son fameux «zgougou», suivi de près par le début de l’année scolaire. Pour les familles en Tunisie, septembre ne représente pas un nouveau départ, mais plutôt un véritable parcours semé d’embûches.

Entre les courses à faire, les fournitures scolaires, les vêtements, les manuels et les frais liés à la célébration religieuse, les budgets familiaux sont sévèrement éprouvés. Pour les chefs de famille, les calculs deviennent chaque année plus délicats.

La Presse — L’été était censé être synonyme de détente. Pourtant, pour de nombreux Tunisiens, il a surtout été synonyme de dépenses : quelques jours à la plage, des sorties en famille, des déplacements, des sorties en soirée dansante ou pour un festival, des repas à l’intérieur et, pour ceux qui ont pu se permettre quelques jours de vacances, des frais d’hébergement et de transport qui ont rapidement alourdi la note.

À présent que les vacances s’achèvent, on pourrait penser qu’un moment de répit est possible. C’est tout le contraire qui se produit. Les familles réalisent que le plus ardu commence à peine.

Le portefeuille n’a pas encore eu le temps de se remettre que de nouvelles échéances arrivent. Le calendrier, lui, ne fait aucun cadeau. C’est qu’il y a la fête sucrée du Mouled mardi prochain qui pointe derrière, rimant quasiment avec la fin de l’été…

Le Mouled, une tradition qui coûte cher

Le Mouled s’annonce ainsi comme la première grande étape de ce marathon financier. Les Tunisiens restent profondément attachés aux traditions culinaires, notamment à la fameuse crème de «zgougou», préparée à partir de grains de pin d’Alep.

Mais cette tradition a désormais un prix. Le kilo de «zgougou» peut atteindre 58 dinars, un tarif qui transforme une préparation familiale autrefois relativement accessible en dépense à calculer soigneusement.

Pour une famille nombreuse, il ne s’agit évidemment pas seulement d’acheter quelques centaines de grammes. Il faut ajouter le lait, les fruits secs (amandes, noisettes, pistaches) et les autres ingrédients nécessaires à la préparation. Au bout du compte, la facture peut rapidement devenir conséquente.

Alors, faut-il renoncer à la tradition ? Réduire les quantités ? Faire plus simple ? Beaucoup de familles sont désormais contraintes de se poser ce genre de questions pour une fête qui était avant tout associée au partage et à la convivialité. Et ce n’est pas fini…

La rentrée pointe déja le bout du nez

À peine le Mouled passé, c’est la rentrée scolaire qui frappe à la porte. Pour les parents ayant plusieurs enfants, le simple mot «rentrée» suffit désormais à provoquer quelques sueurs froides. Cahiers, stylos, cartables, chaussures, vêtements, livres et autres accessoires: la liste semble ne jamais finir.

Et lorsqu’il faut multiplier ces dépenses par deux, trois ou quatre enfants, le budget familial peut rapidement basculer dans le rouge.

Le problème n’est d’ailleurs pas uniquement celui des fournitures. La rentrée implique aussi les frais de transport, les repas, les cours particuliers pour certains élèves, les activités extrascolaires et, pour quelques familles, les dépenses liées à l’enseignement privé.

Chaque rentrée devient ainsi un exercice d’équilibriste : acheter ce qui est indispensable aujourd’hui, repousser ce qui peut attendre demain et espérer que le salaire suffira jusqu’à la fin du mois.

Le chef de famille, entre calculatrice et inquiétude

Dans de nombreux foyers, le scénario est devenu presque mécanique. Le père ou la mère de famille reçoit son salaire, paie les factures, règle les dépenses alimentaires et les charges courantes… puis découvre qu’une nouvelle échéance vient s’ajouter. Le problème n’est plus seulement le montant de chaque dépense prise séparément. C’est leur accumulation dans un laps de temps très court.

Fin des vacances. Mouled. Rentrée scolaire. Factures. Courses quotidiennes. Transport. Et, pour certains ménages, remboursement de crédits. À force de jongler avec les dinars, le budget familial ressemble à une équation dont la solution devient de plus en plus difficile à trouver.

«On finit un mois en pensant avoir tenu bon et le mois suivant commence déjà avec une nouvelle dépense», a affirmé Moez M. père de famille en vacances à Bizerte, ce qui résume en substance le sentiment de nombreux parents.

Le pouvoir d’achat à l’épreuve

Derrière ce marathon se trouve une réalité beaucoup plus lancinante un pouvoir d’achat qui peine à suivre le rythme des dépenses. Car même lorsque les revenus restent relativement stables, les familles ont le sentiment que leur argent permet d’acheter de moins en moins de choses. Le panier familial se réduit, les achats sont davantage comparés, les promotions traquées et les dépenses non essentielles reportées. La consommation devient une affaire de priorités.

Et dans cette course permanente, ce sont souvent les loisirs, les sorties et les petits plaisirs qui passent les premiers à la trappe.

«Faire avec» jusqu’à quand ?

Le Tunisien moyen a longtemps cultivé cette capacité à «faire avec», à trouver des solutions, à différer un achat, à emprunter ponctuellement ou à compter sur la solidarité familiale. A composer avec les aléas et à jongler. Mais cette capacité d’adaptation a ses limites. Lorsque plusieurs dépenses importantes se concentrent sur quelques semaines, même les ménages les plus prudents peuvent se retrouver étranglés. Le problème n’est alors plus de savoir comment économiser quelques dinars, mais comment boucler le mois sans s’endetter davantage.

Entre une tradition qu’on souhaite préserver, des enfants qu’on veut équiper correctement pour l’école et des vacances qu’il faut bien payer, les chefs de famille tunisiens avancent calculatrice à la main. Le calendrier, lui, continue d’avancer. Et derrière chaque échéance se trouve la même question, brûlante : comment payer tout cela sans finir le mois à découvert ?

Pour beaucoup de familles, le véritable marathon ne commence donc pas avec la rentrée. Il commence dès que les vacances se terminent. Et, cette année encore, le bout du tunnel semble particulièrement loin.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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