CA – Maher Kanzari peine à fixer son onze type : La rotation a ses limites
Le « mythe » de l’équipe figée dans le succès trouve fréquemment un fondement concret sur le terrain avec des joueurs-cadres qui développent des rituels et des codes implicites. Maher Kanzari gagnerait à ancrer des habitudes collectives qui ne peuvent que constituer un avantage pour son équipe.
La Presse — Le CA poursuit sa série de matchs amicaux à quelques jours des trois coups du championnat. Après son nul blanc face à l’USM Alger, le Club Africain a enchaîné en fin de week-end face à l’AS Ariana. Et face aux Arianais, coach Maher Kanzari a laissé au repos certains joueurs ayant pris part au match face aux Algérois, détenteurs de la C3. Contre l’ASA, le staff a ainsi ménagé Meriah, Zaalouni, Saidou Khan, Harzi, Chikhaoui, Zaddem, Ait Malek et Kadida. Et à cet effet, même l’attaquant congolais Kinzumbi, lancé en seconde période face à l’USMA, n’a pas été sollicité face à l’ASA. De prime abord, si quelques interrogations s’imposaient en marge du test face à l’USMA avec une ossature qui tarde à s’installer, à quelques jours du match face à l’ES Métlaoui, l’on peut considérer que chambarder le onze rentrant, le lendemain, était motivé par le souci de préserver plus d’un joueur de blessures qui auraient été forcément pénalisantes. Ainsi, face à l’ASA, Maher Kanzari a débuté avec Malek Saada dans les bois, Ramadhan sur le côté droit, Wills sur le flanc opposé, alors que Bouabid et Mahressi ont complété le quatuor défensif. Plus haut, le piston Cherimi et le milieu défensif Alain Kanté ont tenté d’alimenter Bouguerra, Khadhraoui, Mansri et Srarfi en bons ballons dans la profondeur. En seconde période, le technicien clubiste n’a pas opéré une large rotation, mais il a tout de même incorporé cinq joueurs, le pivot Charfeddine Aoun, le jeune attaquant camerounais Rayan Tetego, la pépite offensive Youssef Mokhtari et le néo-Clubiste Nkeng. Volet blessures à présent, le latéral droit, Houssem Hassan Ramadhan, a quitté le terrain avant la fin du premier half pour cause de gêne. Le gardien Mouhib Chamekh a, quant à lui, été laissé au repos après avoir été victime d’une petite lésion. Aussi, en rapport avec les curiosités du match, lancé contre l’AS Ariana vers l’heure de jeu à la place de Hamza Khadhraoui, l’attaquant Rayan Jelassi, 20 ans et pur produit du CA, a laissé entrevoir de bonnes dispositions. Quant au buteur de cette rencontre achevée sur le score de (2-0), le milieu défensif, Charfeddine Aoun, a ouvert la marque et la recrue camerounaise, Taddeus Nkeng, a doublé la mise sur penalty.
Cohésion et émulation collective
En prévision de la rentrée face aux Miniers à Métlaoui, quelques questions restent en suspens actuellement. Quelle charpente d’équipe proposera Maher Kanzari ? Le coach arrivera-t-il vite à stabiliser son onze type ? En football, la continuité favorise et renforce souvent les automatismes collectifs, permet d’installer une sécurité pour plus d’un joueur et assure généralement une régularité dans les performances de l’équipe, au fil des matchs. Bien entendu, seul l’enchaînement des matchs permettra aux joueurs de se comprendre sur le terrain sans lever les yeux. Mais encore faut-il que lors des tests de pré-saison, chacun connaisse parfaitement sa zone et celles des autres aussi. Bref, la stabilité a maintes vertus, et au final, c’est l’équipe qui gagne en calme et en force mentale. Aujourd’hui donc, l’un des impératifs du staff technique sera de définir une hiérarchie claire, sans pour autant renoncer à la concurrence entre joueurs, car elle est source de saine émulation. Dans un sport collectif comme le football, où le tout représente bien plus que la somme des parties, la collaboration et la cohésion entre coéquipiers sont des ingrédients-clés de succès. Et c’est pour cela que garder un onze type stable est crucial pour assurer les repères collectifs, la cohésion et la confiance surtout. Maintenant, Maher Kanzari le sait pertinemment. Les joueurs se trouvent souvent les yeux fermés grâce à la répétition des matchs ensemble. Et a contrario, changer sans cesse d’ossature sème l’incertitude dans l’esprit des joueurs, avec le risque de voir des automatismes naissants disparaître si les partenaires changent à chaque match…



