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Patrimoine mondial : la Bsissa de Lamta sur la voie d’une inscription à l’Unesco

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  • 18 août 2026
  • 3 min de lecture
Patrimoine mondial : la Bsissa de Lamta sur la voie d’une inscription à l’Unesco

Le commissariat régional de l’artisanat de Monastir officialise les démarches pour l’intégration de la Bsissa de Lamta, fleuron de la gastronomie sahélienne au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette reconnaissance internationale vise à valoriser le savoir-faire de plus d’une centaine d’artisanes et à transformer le patrimoine culinaire en levier pour le tourisme durable.

Il faut croire que la diplomatie culturelle et la préservation de la mémoire culinaire s’imposent comme des axes majeurs pour le rayonnement international des régions tunisiennes. En effet, le premier responsable du commissariat régional de l’artisanat de Monastir, Kadhem Masmoudi, a annoncé le lancement officiel du processus d’inscription de la préparation traditionnelle qu’est la « Bsissa » sur les listes du patrimoine mondial de l’Unesco.

S’exprimant lors d’un entretien accordé au micro de la Radio Nationale, il a souligné que cette requête institutionnelle cible spécifiquement la production de la commune littorale de Lamta, un pôle géographique historique où la confection de ce produit céréalier est élevée au rang d’art manufacturier. « Cette démarche administrative s’appuie sur une tradition millénaire solidement ancrée dans les foyers du Sahel tunisien, faisant de cette recette un marqueur identitaire incontournable », indique-t-il. Et d’ajouter que la viabilité et la vitalité économique de cette filière artisanale reposent sur la transmission d’un savoir-faire technique rigoureux porté par un important tissu social local.

« La cité de Lamta concentre à elle seule plus de cent cinquante artisanes hautement qualifiées qui se consacrent exclusivement à la torréfaction, au dosage et à la mouture fine de ces compositions nutritionnelles complexes ». L’administration se félicite d’ailleurs de l’émergence d’une nouvelle cohorte de jeunes créatrices qui intègrent les circuits de production, assurant ainsi le renouvellement générationnel indispensable pour la survie du métier.

L’obtention du label onusien érigé par l’Unesco est perçue par les autorités de tutelle comme un levier de valorisation commerciale sans précédent, capable d’augmenter la valeur ajoutée des produits sur les marchés d’exportation tout en fixant des chartes de qualité strictes pour prémunir la recette contre les contrefaçons industrielles.

Au-delà de la stricte labellisation muséale, cette stratégie de protection s’insère dans une feuille de route macroéconomique visant à diversifier l’offre touristique nationale. Les planificateurs régionaux entendent capitaliser sur la richesse du patrimoine gastronomique pour structurer des circuits de tourisme alternatif et écoresponsable, en rupture avec les modèles hôteliers traditionnels.

En transformant les ateliers des artisanes en centres d’interprétation culturelle et en étapes de dégustation pour les visiteurs internationaux, la Tunisie tend à capter des flux de voyageurs en quête d’authenticité et d’expériences immersives. Cette dynamique vertueuse permet non seulement de générer des revenus directs pour les communautés de femmes en milieu périurbain, mais consolide également la résilience de l’économie locale à travers la sanctuarisation de ses traditions les plus nobles.

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Auteur

Abir Chemli

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