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Eau minérale algérienne en Tunisie : info ou intox ?

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  • 19 août 2026
  • 4 min de lecture
Eau minérale algérienne en Tunisie : info ou intox ?

Contrairement à des informations largement relayées sur les réseaux sociaux, la Tunisie n’a pas importé d’eaux minérales depuis l’Algérie durant l’été 2026. Les producteurs algériens démentent toute exportation officielle vers le marché tunisien, tandis que leurs homologues tunisiens estiment qu’un recours aux importations n’est actuellement pas nécessaire.

La Tunisie n’a pas été approvisionnée en eaux minérales algériennes durant l’été 2026, malgré les rumeurs faisant état d’exportations de bouteilles d’eau depuis l’Algérie pour répondre aux tensions enregistrées sur le marché tunisien.

Le directeur général de l’Association des producteurs algériens de boissons (APAB), Aïssa Zelmati, a démenti l’existence de toute exportation officielle d’eaux minérales algériennes vers la Tunisie. Dans une déclaration au média algérien Tout sur l’Algérie (TSA), il a également précisé que les producteurs algériens n’avaient pas dirigé de quantités d’eau minérale vers le marché tunisien durant cet été.

Cette mise au point intervient alors que des publications diffusées sur les réseaux sociaux avaient affirmé que l’Algérie avait commencé à exporter de l’eau minérale vers la Tunisie, sur le modèle du soutien apporté dans le secteur de l’électricité.

La Tunisie ne prévoit pas de recourir aux importations

Côté tunisien, le président de la Chambre nationale des producteurs de boissons non alcoolisées, Lassaâd Mzah, a également indiqué que le recours à l’importation d’eaux minérales, notamment depuis l’Algérie, ne se justifie pas actuellement.

Selon lui, les perturbations observées sur le marché tunisien restent liées à un déséquilibre temporaire entre l’offre et la demande. La forte consommation estivale, conjuguée aux difficultés qui ont affecté la production de certaines unités, a entraîné des tensions dans l’approvisionnement.

Le responsable estime que la situation devrait progressivement s’améliorer d’ici la fin du mois d’août, avec la baisse attendue des températures et le recul de la demande. Cette évolution devrait permettre aux unités d’embouteillage de retrouver leur rythme de production et de reconstituer leurs stocks stratégiques.

Une pénurie liée notamment à la forte demande

La tension sur le marché tunisien s’est accentuée durant les périodes de fortes chaleurs. Lassaâd Mzah avait notamment expliqué que la consommation d’eau conditionnée avait augmenté d’environ 30% par rapport à la consommation estivale habituelle, alors que les coupures d’électricité avaient perturbé le fonctionnement de plusieurs unités de production.

La situation a également alimenté des tensions sur les prix dans certains circuits de distribution. Les producteurs ont toutefois affirmé ne pas avoir augmenté leurs tarifs au niveau de la production, pointant plutôt certaines pratiques de distribution et de commercialisation.

L’Algérie confrontée elle aussi à des tensions

L’absence d’exportations algériennes vers la Tunisie s’explique également par la situation du marché algérien. Selon l’APAB, la production nationale d’eaux minérales en Algérie a enregistré une baisse importante, estimée à près de 50%, notamment en raison de la sécheresse, de difficultés d’approvisionnement de certaines usines en pièces de rechange et de perturbations électriques.

Dans ces conditions, l’Algérie n’était pas elle-même en situation de disposer d’un excédent permettant d’alimenter le marché tunisien.

Ainsi, contrairement aux informations diffusées ces dernières semaines sur les réseaux sociaux, aucun “secours” algérien sous forme d’exportations d’eaux minérales n’a été officiellement enregistré cet été. Pour l’heure, la Tunisie mise donc sur la reprise de sa production nationale et sur une amélioration progressive de l’approvisionnement plutôt que sur l’importation.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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