Le Président de la République sans ambiguïté: « Non à toute réforme éducative imposée de l’extérieur »
Tout en tenant à assurer le suivi méticuleux aux projets et à les concrétiser, le Chef de l’Etat est soucieux d’accorder une importance particulière aux symboliques qui contribuent à marquer les esprits tout en faisant ancrer les décisions prises dans la mémoire des citoyens, ce qui vient d’être confirmé par le démarrage effectif des travaux du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement qui a coïncidé avec la célébration de la Journée du savoir.
La Presse — Cette Journée a été marquée par deux moments forts, en l’occurrence l’allocution du Président Kaïs Saïed au Palais de la Présidence de la République à Carthage avant d’honorer ceux qui ont excellé dans tous les domaines de la science et du savoir, et de les motiver à plus de succès et de brillance. A cette occasion, le Chef de l’Etat a décerné la médaille de l’Ordre national du mérite au titre du secteur de l’éducation et des sciences à un certain nombre d’universitaires en guise de reconnaissance à leurs précieuses contributions au progrès des sciences et du savoir dans notre pays.
Pour revenir au discours présidentiel, on retient l’insistance quant à la portée symbolique de cette Journée tout en soulignant que le savoir doit profiter à l’ensemble de la population et dans toutes les régions du pays dans la mesure où on assiste à une volonté inébranlable de poursuivre le processus des réformes engagées conformément aux attentes du peuple tunisien.
D’autre part, des termes phares ont été évoqués par le Chef de l’Etat concernant ladite réforme, à savoir la nécessité d’opter pour une démarche objective, loin des «calculs politiques et des turbulences conjoncturelles», rappelant que la priorité est accordée à la mise en place d’un système éducatif national, démocratique et universel tout en estimant que l’obligation scolaire ne peut se limiter à seize ans.
A ce propos, le Président Saïed a exprimé son refus catégorique de toute réforme éducative imposée de l’extérieur, conformément aux orientations de la Tunisie nouvelle qui rejette toutes les ingérences de l’extérieur à l’instar de celles enregistrées par le passé et qui ont fortement altéré le caractère national de l’enseignement.
«Non aux diktats venant de l’étranger. Notre enseignement, nous le choisissons comme le veut le peuple tunisien», a-t-il martelé en substance.
Puis, tout en annonçant que des projets éducatifs ambitieux seront mis en place dès que les conditions de leur réussite seront réunies, le Président Saïed a plaidé pour une transformation de l’école en un espace culturel vivant, grâce à l’émergence, entre autres, de clubs de cinéma, de théâtre, de calligraphie, et ce, dans le but évident d’affiner le goût public et de nourrir le sentiment national.
C’est dans cet ordre d’idées, donc, que le Chef de l’Etat a parlé de l’intention de créer un centre dédié aux arts de la calligraphie, appelant les ministères des Affaires culturelles et de la Jeunesse à œuvrer à ce que les établissements scolaires soient des espaces capables de produire une société de connaissance et de culture nationale tout en fustigeant les carences architecturales et l’absence d’espaces culturels dans de nombreux établissements scolaires.
Dénonçant, par ailleurs, la propagation du fléau de la drogue, le Président de la République s’est déclaré en faveur de plages horaires de sensibilisation aux dangers de ce phénomène dans les écoles et à travers les médias publics, mettant à l’index certains réseaux financés de l’intérieur comme de l’extérieur dans le but de déstabiliser la société tunisienne.
Revenant à l’installation du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, le Président de la République a tenu à mettre en exergue qu’il s’agit de la seule et unique institution constitutionnalisée dont les membres ont été désignés avant d’ajouter que la volonté collective devrait contribuer à surmonter les divers obstacles et de faire de la Tunisie une destination prisée non seulement par les Tunisiens, mais rayonnant bien au-delà de ses frontières.
En définitive, la Journée du savoir a été une nouvelle opportunité pour mettre en relief que l’éducation reste un droit garanti à tous selon les principes d’équité et d’égalité pour tous.



