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Le meurtre de Hind Rajab : deux ans de dénégations avant une enquête de l’occupation

  • 20 août 2026
  • 3 min de lecture
Le meurtre de Hind Rajab : deux ans de dénégations avant une enquête de l’occupation

L’état-major sioniste a annoncé mercredi l’ouverture de deux enquêtes pénales militaires, l’une sur le tir ayant coûté la vie à Hind Rajab, cinq ans, en janvier 2024, l’autre sur un raid de mars 2025 ayant tué quinze membres du personnel médical et humanitaire. Ces décisions interviennent après des mois de dénégations et sous le poids d’une vive réprobation internationale.

Près de deux ans après les faits, la justice militaire de l’occupant sioniste se saisit officiellement de l’affaire Hind Rajab. Mercredi, l’armée d’occupation a confirmé que ses soldats avaient ouvert le feu sur le véhicule où se trouvait l’enfant âgée de cinq ans, dans la bande de Gaza, en 2024. Elle a parallèlement ordonné l’ouverture d’une procédure judiciaire devant la division des enquêtes criminelles de la police militaire.

Le corps de la fillette avait été découvert dans une voiture criblée de balles, en plein cœur de la ville de Gaza, douze jours après son dernier appel avec le Croissant-Rouge palestinien. Cette communication, qui s’était prolongée plusieurs heures le 29 janvier 2024, était une tentative désespérée d’obtenir des secours. À l’époque, l’institution militaire israélienne avait nié toute présence de ses troupes à proximité du lieu du drame.

Dans son communiqué, l’état-major a justifié sa décision par « les allégations de défaillances dans la coordination » du déplacement d’une ambulance du Croissant-Rouge. Parallèlement, il a rendu publics les résultats de réexamens portant sur quatre autres épisodes très médiatisés à Gaza. Pour l’un d’eux, survenu en 2025, il a également annoncé l’ouverture d’une information judiciaire : quinze Palestiniens, dont des secouristes et des employés d’organisations humanitaires, ont péri dans cette opération.

Les circonstances de la mort de la petite Hind Rajab avaient déjà suscité un mouvement de colère à l’échelle planétaire. La famille de l’enfant tentait alors de fuir la ville de Gaza devant l’avancée des forces sionistes dans le nord du territoire occupé, quand leur voiture a été prise pour cible. Après le tir, Hind Rajab avait réussi à joindre le Croissant-Rouge pour implorer une intervention. Les recherches ultérieures ont permis de retrouver son corps, aux côtés de ceux de six proches, ainsi que les dépouilles de deux sauveteurs du Croissant-Rouge envoyés sur place pour la localiser et lui porter secours.

L’onde de choc provoquée par ce décès a été telle que les enregistrements originaux de l’appel de détresse ont été intégrés à un long métrage documentaire intitulé « La Voix de Hind Rajab », lequel a été nommé aux Oscars. Par ailleurs, des voix se sont élevées, notamment dans les milieux diplomatiques, pour réclamer une enquête indépendante.

La « Fondation Hind Rajab », organisation de défense juridique installée à Bruxelles et active contre les exactions imputées à l’État hébreu dans l’enclave, a d’ores et déjà exprimé sa défiance. Dans une déclaration publique, elle a jugé que ces investigations internes, y compris si elles aboutissent, « ne doivent pas être considérées comme un véritable pas vers la justice », rappelant que les procédures de ce type se soldent « souvent » par un abandon des poursuites ou par des sanctions sans effet dissuasif.

Auteur

S. M.

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