Le prix du kilogramme de zgougou oscille actuellement entre 50 et 52 dinars à Sfax, selon plusieurs commerçants. S’ils assurent que les tarifs sont inférieurs à ceux de l’année dernière, où le kilo avait dépassé les 60 dinars, des consommateurs estiment pour leur part que les prix restent trop élevés au regard du pouvoir d’achat et appellent le ministère du Commerce à intervenir.
À Sfax, le prix du zgougou suscite déjà des réactions à l’approche de la période de forte demande pour ce produit traditionnel. Selon plusieurs commerçants, le kilogramme est actuellement vendu entre 50 et 52 dinars, un niveau qu’ils jugent inférieur à celui enregistré l’année dernière.
Les commerçants rappellent en effet que le prix du kilogramme avait dépassé 60 dinars au cours de la saison précédente. Ils estiment ainsi que les tarifs actuels, malgré leur niveau relativement élevé, restent accessibles aux consommateurs.
Ils soulignent également que les ménages ne sont pas obligés d’acheter le zgougou au kilogramme et peuvent opter pour de petites quantités, notamment par livre, en fonction de leurs capacités financières.
Les consommateurs réclament une intervention
Cette appréciation n’est toutefois pas partagée par plusieurs consommateurs. À Sfax, certains ont appelé le ministère du Commerce à intervenir pour encadrer les prix du zgougou et contrôler les circuits de distribution, estimant que les tarifs pratiqués actuellement ne tiennent pas suffisamment compte du pouvoir d’achat des ménages.
Selon eux, le prix de 52 dinars le kilogramme demeure élevé, notamment pour les familles qui souhaitent maintenir la préparation de ce produit traditionnel parmi leurs habitudes.
Des citoyens ont également estimé que les coûts liés à la récolte et à la préparation du zgougou ne suffisent pas, selon eux, à expliquer les niveaux de prix actuellement observés.
Ils appellent ainsi les autorités à examiner les différents maillons de la chaîne, de la récolte jusqu’à la commercialisation, et à intervenir pour éviter ce qu’ils considèrent comme une hausse excessive des prix.
Une question de pouvoir d’achat
Pour certains consommateurs, la hausse des prix risque surtout de rendre le zgougou inaccessible à une partie des familles. Un citoyen a ainsi souligné que les tarifs actuels pourraient priver plusieurs ménages de la possibilité d’en acheter, appelant l’État à garantir sa disponibilité à des prix compatibles avec le pouvoir d’achat.
Un autre consommateur a, de son côté, plaidé pour une intervention de l’État dans le processus de commercialisation, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles le prix du produit atteint de tels niveaux.
Il a notamment évoqué la question de l’origine des ressources utilisées pour produire le zgougou, faisant valoir que les arbres dont sont issus les pignons se trouvent, selon lui, dans des zones relevant du domaine de l’État.
Entre baisse des prix et demande d’encadrement
Les réactions mettent ainsi en évidence un écart entre la perception des commerçants et celle des consommateurs.
Pour les premiers, le prix actuel représente une amélioration par rapport à l’année dernière, lorsque le kilogramme dépassait les 60 dinars. Pour les seconds, le niveau de 50 à 52 dinars reste néanmoins trop élevé au regard des revenus des ménages.
Au-delà du prix affiché, les consommateurs demandent désormais davantage de visibilité sur les circuits de commercialisation, les coûts de récolte et de préparation ainsi que les différents intermédiaires intervenant dans la fixation du prix final.
La question du zgougou ne se limite donc plus à celle d’un produit traditionnel particulièrement prisé. Elle rejoint également les préoccupations plus larges liées au pouvoir d’achat et à la régulation des prix, alors que les consommateurs scrutent de plus en plus le coût des produits qui occupent une place importante dans les traditions culinaires tunisiennes.
R.I



