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Des anciennes gloires du football vivent dans l’oubli et la misère : Un déficit d’éducation financière et professionnelle

  • 24 août 2026
  • 4 min de lecture
Des anciennes gloires du football vivent dans l’oubli et la misère : Un déficit d’éducation financière et professionnelle

Des anciennes gloires du football des années 70, 80 et 90 connaissent aujourd’hui des difficultés financières assez sévères. En raison certainement  du manque d’une couverture sociale fiable, du désengagement des clubs et de l’absence d’une éducation financière et professionnelle.

La Presse — On en parle peu, très rarement, même. Pourtant, la question est très sensible et a besoin d’être débattue en profondeur. Dimensions humaines et sociales obligent. Depuis de longues années, on assiste, impuissant, à la marginalisation désolante de plusieurs gloires du football tunisien et qui ont offert, des années durant, des moments pleins d’émotions et ont régalé les amateurs de notre sport roi.  Et on pense surtout à plusieurs joueurs des années 70, 80 et même 90. Ces anciennes gloires vivent, justement, dans une situation de précarité totale en raison de l’absence de structures de soutien et d’accompagnement, du manque de couverture sociale et de revenus stables.

Ce qui est malheureux, c’est que ces joueurs ne sont pas fautifs et aucunement responsables de leur sort. Leur seul tort, c’est d’avoir évolué à une époque où le football paie très mal avec des rétributions dérisoires et insignifiantes, étant donné que le volet sportif l’emportait sur toutes les autres composantes.

En effet, en l’absence d’un statut professionnel bien réglementé et de structures institutionnalisées, nos anciennes gloires se contentaient de savourer  leur passion. Aujourd’hui, à la retraite sportive, ils se partagent l’oubli et la misère dans l’indifférence presque totale. Certes,  certains joueurs auraient pu échapper à cette situation précaire, du moins réduire son impact, mais le manque d’éducation financière et le désengagement des clubs  ont compliqué les choses.

Un état qui désole réellement et qui impose, sans aucun doute, une requalification totale du statut de nos anciennes gloires, qui méritent certainement mieux, car les enjeux humains, sociaux et éthiques doivent toujours prévaloir, indépendamment de toute autre considération.

Absence de couverture et d’encadrement

Et on se rappelle, certainement, que plusieurs observateurs, tout comme certains de nos médias, ont réaffirmé, souvent, que par « devoir de mémoire, il est impératif de protéger et soutenir ceux qui, des années durant, ont forgé la fierté nationale et soutenu le prestige et l’histoire de nos clubs ». C’est une question avant tout de dignité humaine. Un enjeu moral capital qui exige, de toute évidence, la réinvention de nouveaux mécanismes concrets de soutien et d’accompagnement permanents.

Certes, certaines structures associatives, comme l’Union nationale des footballeurs tunisiens, tentent d’alléger la souffrance de cette catégorie sportive malchanceuse, mais leurs actions restent isolées, peu régulières et insuffisantes.

Il faut donc réinstaurer tout un système spécifique et pointu qui soit en mesure d’appliquer une couverture obligatoire permanente et d’élaborer, chaque fois que le besoin se fait ressentir, des plans de réinsertion sociale et professionnelle précis. Et c’est, seulement, à ce moment-là qu’on pourrait parler de professionnalisme et d’éthique sportive. Et il faut reconnaître que cette situation n’est pas propre à notre sport uniquement, d’autres pays  connaissent des situations similaires, même si les raisons sont différentes.

Certaines études spécialisées réaffirment, en effet, que « près de la moitié des joueurs professionnels, même  des stars, connaissent des difficultés financières et, parfois, la faillite durant les cinq premières années suivant leur prise de retraite ». C’est le cas, comme le réaffirment les cas d’Emmanuel Eboué, international ivoirien et star d’Arsenal pendant plusieurs années, ou encore d’Eric Jemba-Jemaba, ex-milieu de Mancherster United. Et la liste est bien longue.

Auteur

Anis SOUADI

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