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Tourisme : les coupures d’électricité désormais mentionnées dans les conseils aux voyageurs européens en Tunisie

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  • 24 août 2026
  • 9 min de lecture
Tourisme : les coupures d’électricité désormais mentionnées dans les conseils aux voyageurs européens en Tunisie

Face aux fortes chaleurs et à la pression exercée sur le réseau électrique, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique mentionnent désormais les risques de coupures de courant dans leurs conseils officiels aux voyageurs se rendant en Tunisie. Climatisation, Internet, téléphonie mobile, eau et paiements électroniques peuvent être affectés. Une évolution qui intervient après un été marqué par des épisodes de chaleur extrême, des délestages et de fortes perturbations dans plusieurs régions touristiques.

Les coupures d’électricité ne constituent plus seulement une difficulté du quotidien pour les ménages et les entreprises en Tunisie. Elles apparaissent désormais explicitement dans les conseils officiels aux voyageurs de plusieurs pays européens, notamment l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique. Ces trois pays signalent les risques liés aux fortes chaleurs et à la pression exercée sur le réseau électrique tunisien, ainsi que leurs conséquences potentielles sur les services utilisés par les touristes.

La fiche du ministère allemand des Affaires étrangères, actualisée le 24 août 2026, consacre ainsi une rubrique spécifique aux restrictions temporaires de l’approvisionnement électrique. Le document explique que les températures élevées et la forte sollicitation du réseau conduisent la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à procéder à des coupures temporaires, parfois sans préavis.

Berlin attire surtout l’attention des voyageurs sur les conséquences possibles de ces interruptions. Outre la climatisation et les systèmes de ventilation, les coupures peuvent affecter le Wi-Fi, les réseaux mobiles et les connexions Internet. Dans certains cas, elles peuvent également avoir des répercussions sur l’approvisionnement en eau ainsi que sur les opérations de paiement, notamment les distributeurs automatiques et les paiements par carte. Le ministère allemand recommande aux voyageurs de se renseigner auprès de leur hébergement, de leur agence de voyages ou des médias locaux sur les éventuelles restrictions dans leur zone de séjour.

Le Royaume-Uni et la Belgique font le même constat

Le Royaume-Uni tient un discours similaire. Les conseils aux voyageurs britanniques concernant la Tunisie, mis à jour le 24 juillet 2026 et toujours en vigueur au 24 août, comportent une rubrique consacrée à l’approvisionnement électrique pendant les mois d’été. Le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) explique que les vagues de chaleur et les températures extrêmes peuvent accroître la pression sur le réseau électrique et conduire la STEG à effectuer des coupures temporaires.

L’avis britannique souligne, lui aussi, que les perturbations peuvent affecter certains hôtels, la climatisation, les réseaux de téléphonie mobile et les connexions Internet. Dans des cas extrêmes, les coupures peuvent également toucher l’approvisionnement en eau et les transactions électroniques, notamment les retraits aux distributeurs automatiques et les paiements par carte. Les voyageurs sont invités à se renseigner auprès de leur hébergement, de leur tour-opérateur ou des médias locaux.

La Belgique a également intégré cette problématique dans ses conseils aux voyageurs. Le SPF Affaires étrangères indique que les vagues de chaleur et les températures extrêmes peuvent accroître la pression sur le réseau électrique et entraîner des délestages temporaires. Il précise que ces perturbations peuvent toucher certaines infrastructures, notamment des hôtels, et affecter temporairement la climatisation, les réseaux mobiles et Internet. Dans les cas extrêmes, la distribution d’eau et les transactions de paiement peuvent également être perturbées.

L’Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique convergent donc sur un même constat : la question de l’électricité est devenue suffisamment importante pour figurer dans les informations pratiques destinées à leurs ressortissants voyageant en Tunisie.

Un été particulièrement difficile pour le réseau

Cette évolution intervient dans un contexte exceptionnel pour la Tunisie. L’été 2026 a été marqué par plusieurs épisodes de chaleur intense, avec une forte sollicitation du réseau électrique liée notamment à l’utilisation massive des climatiseurs.

Dès la mi-juillet, la STEG avait expliqué que les fortes chaleurs et l’explosion de la consommation l’avaient contrainte à recourir à des coupures temporaires et rotatives afin de préserver l’équilibre du réseau et d’éviter un black-out généralisé. Selon les déclarations d’une responsable de la société, la demande avait bondi d’environ 30 % durant les heures de pointe par rapport à la consommation normale, sous l’effet notamment de l’utilisation intensive des climatiseurs.

La situation a nécessité une mobilisation importante des équipes de la STEG. Entre le 18 et le 24 juillet, ses équipes techniques ont effectué 18.294 interventions pour rétablir le courant à travers le pays. Cette mobilisation est intervenue en pleine vague de chaleur et alors que la consommation électrique atteignait des niveaux exceptionnellement élevés.

La pression sur le système électrique n’a d’ailleurs pas disparu avec la première vague de chaleur. Une nouvelle période de fortes températures était attendue à partir du 22 août. Une analyse publiée le 19 août, avec des données issues notamment des déclarations de responsables du secteur, faisait état d’un pic de consommation rapporté à 6.400 MW en juillet 2026. Mais ce chiffre doit encore être confirmé par une donnée primaire de la STEG précisant la date et l’heure exactes du record.

Des conséquences qui dépassent la simple coupure de courant

L’enjeu touristique tient précisément à cette chaîne de conséquences. Dans un pays où les températures peuvent dépasser largement les 40 °C durant les épisodes de chaleur, une coupure d’électricité signifie d’abord l’arrêt temporaire de la climatisation. Pour un hôtel, une maison d’hôtes ou un restaurant, elle peut ensuite perturber la conservation des aliments, les communications, les réservations, les paiements électroniques et, dans certaines situations, l’approvisionnement en eau.

Cette réalité a été particulièrement visible dans certaines zones touristiques du gouvernorat de Bizerte durant l’été.

Dans une enquête publiée le 3 août, Le Monde rapportait que, dans la région de Bizerte, certaines coupures avaient parfois duré plus de 24 heures. Le quotidien français faisait état de répercussions sur l’approvisionnement en eau, les télécommunications et l’activité économique.

Le secteur touristique a directement subi ces perturbations. À Sounine, des maisons d’hôtes ont dû surveiller les horaires des coupures, utiliser des groupes électrogènes et prévenir leurs clients. À Ghar El Melh, des restaurants ont rencontré des difficultés pour fonctionner normalement, tandis que des commerces dépendant de la chaîne du froid ont également été affectés. Le Monde rapporte notamment des problèmes liés à la production et à la disponibilité de glace, indispensable aux activités de restauration et de pêche.

Un enjeu pour l’image de la destination

C’est précisément cette dimension qui donne aux conseils européens une portée particulière. Jusqu’ici, les conseils aux voyageurs concernant la Tunisie étaient surtout associés aux risques sécuritaires, notamment le terrorisme et les zones frontalières. Ces risques demeurent d’ailleurs présents dans les fiches étrangères. Le Royaume-Uni continue par exemple de déconseiller tout voyage dans certaines zones proches des frontières algérienne et libyenne ainsi que dans plusieurs zones montagneuses et militaires.

Mais la question de l’électricité relève d’une autre catégorie : celle de la fiabilité des services essentiels pendant le séjour.

Pour un touriste, notamment en pleine saison estivale, la qualité de l’expérience ne dépend pas uniquement de la sécurité de la destination. Elle repose également sur la capacité de l’hôtel à assurer la climatisation, l’eau, les communications, la restauration et les moyens de paiement.

Le fait que plusieurs gouvernements européens attirent désormais explicitement l’attention de leurs ressortissants sur cette problématique ne signifie donc pas qu’ils considèrent la Tunisie comme une destination à éviter en raison des coupures. Il s’agit d’une information de risque et de précaution destinée à permettre aux voyageurs de préparer leur séjour. Les trois pays recommandent notamment de se renseigner auprès des hébergements, des tour-opérateurs ou des médias locaux.

De la crise énergétique à la question touristique

Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse ainsi la seule gestion de la pointe estivale de consommation. Le tourisme représente une activité particulièrement sensible aux perturbations des services. Une panne de quelques heures dans un quartier résidentiel n’a pas nécessairement les mêmes conséquences qu’une coupure prolongée dans une zone touristique en pleine saison.

L’expérience de cet été l’a illustré : lorsque l’électricité est interrompue, ce sont plusieurs maillons de la chaîne touristique qui peuvent être touchés simultanément. La climatisation s’arrête, les télécommunications peuvent être perturbées, certains équipements ne fonctionnent plus, l’eau peut être affectée et les paiements électroniques peuvent devenir plus difficiles.

C’est cette interdépendance des services qui explique désormais la présence de la question électrique dans les conseils aux voyageurs allemands, britanniques et belges.

Alors que la Tunisie cherche à consolider sa position sur les marchés européens et à améliorer la compétitivité de son offre touristique, les épisodes de cet été posent donc une question qui dépasse la seule saison 2026 : comment garantir la continuité des services essentiels face à des épisodes de chaleur de plus en plus contraignants pour le réseau électrique ?

L’été 2026 aura montré que la canicule n’est plus seulement une question météorologique. Elle peut rapidement devenir une question énergétique, puis économique et touristique.

Et lorsque les difficultés d’approvisionnement en électricité sont désormais mentionnées dans les conseils officiels de plusieurs pays européens, la question cesse d’être uniquement une affaire de réseau électrique pour devenir aussi un enjeu d’image et de compétitivité de la destination tunisienne.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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