Il y a quelques mois, le ministère de l’Education a annoncé que les inscriptions des élèves devront se faire obligatoirement en ligne à travers la nouvelle plateforme éducative www.viescolaire.education.tn. Lancée, il y a quelques années, la numérisation de l’inscription scolaire des élèves était notamment destinée à éliminer la paperasse, alléger les démarches administratives et épargner aux familles des déplacements inutiles pour inscrire leurs enfants.
Or, malgré le déploiement d’une campagne de communication s’appuyant sur des spots télévisés et des tutoriels vidéo, la procédure relative à la nouvelle plateforme s’est révélée bien plus complexe que prévu. Opérationnelle depuis jeudi dernier, celle-ci n’a pas démarré dans des conditions optimales rendant la procédure d’inscription quelque peu laborieuse pour les parents non habitués. L
e démarrage a été particulièrement difficile pour les parents dont les enfants sont inscrits dans des établissements privés. Mariem, maman d’un garçon et d’une fille qui sont passés respectivement en deuxième année primaire et septième de base a tenté une dizaine de fois d’inscrire ses enfants en ligne sans succès avant de finalement y arriver.
La mère de famille a, par ailleurs, eu des difficultés pour effectuer en ligne la procédure de réaffectation de sa fille vers un collège public plus proche de son domicile. “Lors de l’opération d’inscription en ligne, j’ai remarqué que certains champs n’étaient pas fonctionnels. Ma fille a fait ses études dans un établissement privé et a été orientée vers un collège public pour poursuivre ses études.
Or, ce collège se trouve loin de notre lieu de résidence. J’ai tenté de faire une demande de réaffectation dans un autre collège public se trouvant à proximité de notre maison. La seule option que j’ai trouvée en ligne est la réaffectation d’un établissement à un autre établissement privé. Je dois finalement me rendre sur place pour régler ce problème”, a déploré la mère de famille.
D’autres usagers ont signalé des bugs d’affichage et de saisie, à l’instar de Samira, dont le fils entre en 7ᵉ année de base et qui a constaté, après la validation complète du formulaire d’inscription en ligne, que plusieurs données enregistrées ne figuraient pas sur l’imprimé final. Plusieurs parents qui ont eu du mal, ces dernières années, à se familiariser avec ces nouvelles procédures et prestations éducatives en ligne, ont dû se résoudre à solliciter l’aide de tiers ou à se rendre dans des publinets pour finaliser l’inscription et le paiement.
Si la modernisation des services éducatifs demeure une avancée incontestable, elle aurait, toutefois, tendance à accentuer le fossé numérique, notamment pour les ménages peu familiarisés avec les outils internet ou résidant dans des zones reculées. Pour réussir cette transition numérique dans le secteur éducatif, les établissements scolaires devraient, à titre d’exemple, organiser des journées d’information afin de familiariser l’ensemble des usagers avec ces démarches dématérialisées.



