Tensions au Moyen-Orient – Désescalade et efforts diplomatiques accrus : Trump ne prévoit aucun calendrier
Après la dernière visite en Iran du chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, le porte-parole de la présidence iranienne, Mehdi Tabatabaei a affirmé qu’elle a été « très fructueuse » et avait débouché sur d’importantes avancées diplomatiques et « dont les effets et les retombées se manifesteront dans un avenir proche » .
La Presse — «Nous sommes en train de gagner», a estimé, hier, le président américain à Al Jazeera, soulignant «ne pas être pressé». «Ils ont une inflation massive, leur économie est en train de s’effondrer, ils traitent très mal leur population (…) je n’ai aucun calendrier», a-t-il ajouté.
L’agence Axios a rapporté mardi que le secrétaire d’État américain Marco Rubio a informé ces derniers jours plusieurs de ses homologues dans les pays alliés que les Etats-Unis ne prévoient pas de lancer de nouvelles frappes contre l’Iran pour le moment et qu’ils se concentreront plutôt sur d’autres moyens de pression, principalement des sanctions économiques.
Selon le site web, citant un responsable américain et une autre source proche du dossier, Rubio aurait expliqué à plusieurs de ses homologues que l’administration du président Donald Trump s’efforçait d’éviter une reprise des opérations militaires de grande envergure contre l’Iran, tout en maintenant la pression économique sur ce pays.
D’après ces sources, la stratégie américaine actuelle consiste à renforcer les sanctions, à maintenir le blocus naval imposé à l’Iran et à accroître le flux de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz vers les marchés mondiaux, au moment même où Washington estime que ses actions navales ont affaibli l’une des principales sources d’influence de Téhéran.
L’occupant sioniste, dont l’attaque contre l’Iran avec les Etats-Unis le 28 février avait déclenché la guerre, s’est pour sa part félicité hier des dernières déclarations américaines, rejetant tout accord avec les Iraniens.
L’Iran, pour sa part, réclame en vue d’un règlement — en particulier de la réouverture du détroit d’Ormuz, au cœur du conflit — que les Etats-Unis respectent les engagements pris dans le protocole d’accord bilatéral signé mi-juin, qui a depuis volé en éclats.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a réitéré que le détroit verrouillé par Téhéran, axe vital du commerce mondial d’hydrocarbures, ne serait «rouvert qu’en échange de la fin de la guerre sur tous les fronts et de la levée du blocus» américain des ports iraniens.
Il a aussi exigé «un règlement de la situation au Yémen», où les rebelles houthis alliés de Téhéran ont lancé des attaques contre des navires saoudiens en mer Rouge. La réponse de l’Iran aux sanctions américaines sera de «viser leurs intérêts économiques», a-t-il aussi déclaré.
Par ailleurs, le porte-parole de la présidence iranienne, Mehdi Tabatabaei, a affirmé que la visite de la délégation pakistanaise à Téhéran le lundi 24 août avait été fructueuse, soulignant que ses résultats devraient se concrétiser prochainement.
Selon un communiqué de l’agence Tasnim le mardi 25 août, Tabatabaei a précisé que la visite en Iran du chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, avait été « très fructueuse » et avait débouché sur d’importantes avancées diplomatiques.
« Contrairement à certaines spéculations médiatiques inexactes, cette visite a abouti à des résultats diplomatiques extrêmement précieux, dont les effets et les retombées se manifesteront dans un avenir proche », a-t-il déclaré.
L’armée pakistanaise avait auparavant indiqué, dans un communiqué, que son chef, Asim Munir, avait tenu des discussions approfondies avec les responsables iraniens, axées notamment sur les mesures visant à prévenir toute nouvelle escalade.
Selon le communiqué, Munir a également abordé « la paix régionale et les moyens de parvenir à un règlement des conflits par la négociation ».
Détroit d’Ormuz, négociations constructives entre Oman et l’Iran
Dans le même temps, l’Iran et Oman, les deux pays riverains du détroit, discutent d’un accord-cadre établissant un «couloir temporaire» et prévoyant une opération de déminage, ont-ils indiqué mardi dans un communiqué conjoint.
Ils ont précisé que les négociations se poursuivraient pour établir un couloir «permanent» et définir «la future gestion du détroit», ainsi qu’un mécanisme de «fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires».
Une fois cet accord provisoire conclu, les deux parties se donnent entre 30 et 60 jours pour négocier une route permanente, a dit Gharibabadi à l’agence iranienne Tasnim.
Les deux pays négocient «les éléments d’une architecture de gouvernance et de sécurité pour l’après-guerre dans le détroit d’Ormuz, ce qui explique la lenteur du processus», affirme à l’AFP le chercheur omanais Abdallah Baabood.
Selon les Gardiens de la Révolution iraniens, impliqués dans ces pourparlers, «certains accords» ont été conclus avec Oman «concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit» et «dans ses revenus».
Cependant, ils ont accusé, hier, les Etats-Unis, qui rejettent toute imposition de péage pour le passage du détroit, d’entraver « les travaux » visant à finaliser un accord.
Donald Trump a récemment menacé Oman de bombardements si le sultanat se mettait «en travers» de la route des Etats-Unis sur Ormuz.
Trump a confirmé mardi le déminage complet du détroit, mettant en garde contre la « destruction systématique » de toute nouvelle tentative d’y poser des mines, parallèlement à de larges sanctions et à une position militaire plus intransigeante envers Téhéran. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Trump a assuré que la marine américaine l’avait informé du déminage ou de la destruction de toutes les mines présentes dans les eaux internationales du détroit d’Ormuz, soulignant que tout navire ou bateau posant de nouvelles mines serait « immédiatement et systématiquement détruit ».
Le locataire de la Maison-Blanche a expliqué que les forces spatiales américaines surveillaient le détroit « au centimètre près », ainsi que le mont Pekkas et les trois sites nucléaires qu’il affirmait avoir déjà détruits, assurant qu’il y aurait une « tolérance zéro » pour toute activité liée aux mines.
«Washington peut être mal à l’aise avec certains aspects de la diplomatie omanaise, mais il a également besoin du canal que fournit Oman», décrypte Abdallah Baabood.
Mascate est, selon lui, sur un fil: intermédiaire entre Téhéran et Washington, il doit préserver ses relations avec l’un et l’autre. Pour cela, Oman associe les autres Etats riverains et invoque le droit international. Dans ce contexte incertain, la baisse des prix du pétrole brut marquée mardi s’est ralentie hier.
(Synthèse de médias)



