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Vient de paraître – « La part algérienne de la France » de Karim Amellal : Au-delà des blessures, une histoire à raconter

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  • 27 août 2026
  • 4 min de lecture
Vient de paraître – « La part algérienne de la France » de Karim Amellal : Au-delà des blessures, une histoire à raconter

Et si la France racontait sa part. Et si l’Algérie n’était pas seulement une histoire que la France porte derrière elle, mais une part de ce qu’elle est devenue ? C’est la question que pose Karim Amellal dans « La part algérienne de la France », paru le 21 août aux éditions de l’Aube.

La Presse  Il existe des histoires qui ne s’achèvent pas avec la fin des événements qui les ont produites. Elles continuent de circuler dans les familles, de se transmettre entre générations, de s’inscrire dans les cultures, les imaginaires et parfois les silences. L’histoire entre la France et l’Algérie est de celles-là.

Avec ce nouvel essai, Karim Amellal entend interroger une évidence encore largement refoulée : l’Algérie ne serait pas seulement un héritage du passé colonial, mais une composante vivante et structurante de la France contemporaine. L’auteur propose, selon la présentation de l’ouvrage, une enquête à la fois historique, politique et intime, qui entend revenir sur les idées reçues entourant l’immigration, l’identité, la mémoire et la relation franco-algérienne.

L’ambition annoncée est de déplacer le regard. Il ne s’agit pas uniquement de revisiter l’histoire coloniale ou les relations, souvent tumultueuses, entre Paris et Alger, mais de regarder ce que cette histoire a produit dans la société française. Pieds-noirs et Juifs d’Algérie, immigrés d’hier et d’avant-hier, enfants et petits-enfants : Karim Amellal souhaite mettre en lumière ces trajectoires et ces générations qui ont, elles aussi, contribué à faire la France d’aujourd’hui.

Car derrière les crises diplomatiques et les affrontements mémoriels, il y a des millions de vies ordinaires.

Des histoires familiales, des transmissions, des cultures, des imaginaires et des appartenances qui ne se laissent pas enfermer dans une relation entre deux États. C’est précisément cette dimension que l’auteur place au cœur de son projet : faire apparaître une histoire franco-algérienne qui se vit aussi au quotidien, dans la société française.

Cette démarche est également personnelle. Karim Amellal présente son livre comme « sans doute le livre le plus intime » qu’il ait écrit. Non parce qu’il y raconterait sa propre vie, précise-t-il, mais parce qu’il y aborde une histoire qui l’habite depuis toujours.

Il y revendique une volonté de raconter non seulement les blessures, les fractures et les haines qui ont marqué cette histoire, mais aussi ce qu’elle a produit de « beau » et de « vivant », ce qui a nourri et continue de nourrir la France.

Écrivain franco-algérien, enseignant et ancien ambassadeur de France pour la Méditerranée, Karim Amellal travaille depuis de nombreuses années sur les questions d’identités, de discriminations, de mémoires et de relations entre les deux rives de la Méditerranée. Son parcours donne à cette nouvelle réflexion un arrière-plan à la fois littéraire, politique et personnel.

La sortie de « La part algérienne de la France » intervient par ailleurs dans un contexte où les relations franco-algériennes connaissent de nouvelles tensions et où les questions d’immigration, d’identité et de mémoire coloniale continuent de susciter des débats passionnés. Dans une récente intervention consacrée à son livre, Karim Amellal défend justement l’idée que l’Algérie ne peut être réduite à une simple question diplomatique entre les deux pays.

Dès lors, le livre ouvre une question qui dépasse largement le seul rapport entre la France et l’Algérie : comment une nation raconte-t-elle une histoire qui est aussi celle d’une partie de sa population ? Et que devient le récit national lorsque l’on accepte d’y intégrer pleinement les héritages, les mémoires et les contributions de celles et ceux venus d’Algérie ?

C’est toute la promesse de cet essai : regarder autrement une histoire commune, sans effacer ses blessures mais sans la réduire à celles-ci. Et peut-être, à travers cette « part algérienne », interroger plus largement ce que la France est devenue.

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Auteur

Asma DRISSI

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