Culture

« Palimpseste architectural : Le langage des fragments », Nouveau projet du photographe Amine Boussoffara : Fragments d’une mémoire bâtie

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  • 28 août 2026
  • 3 min de lecture
« Palimpseste architectural : Le langage des fragments », Nouveau projet du photographe Amine Boussoffara : Fragments d’une mémoire bâtie

Depuis quelque temps, l’artiste photographe Amine Boussoffara donne à voir sur sa page Facebook le résultat de ses flâneries urbaines. Son œil guette et hameçonne, au fil de ses clichés, ces pépites architecturales: de précieux fragments qui constituent le puzzle de notre patrimoine bâti. Il joue à la devinette avec sa communauté, la défiant de reconnaître l’adresse ou le bâtiment caché derrière chaque fragment. Ces « prises » photographiques forment le cœur et la matière d’un tout nouveau livre en devenir.

La Presse — L’architecture tunisienne ne se contente pas d’abriter l’histoire, elle s’écrit, se superpose et se transforme au fil des siècles. C’est de cette prémice qu’est née l’idée de ce nouveau projet de livre intitulé «Palimpseste architectural : Le langage des fragments». Après le succès de son premier opus «Perception», l’artiste engage une démarche ambitieuse pour capturer la mémoire bâtie du pays. Loin de l’inventaire patrimonial rigide ou de la simple cartographie, Amine Boussoffara revendique une approche purement plasticienne. L’objectif n’est pas de documenter un bâtiment dans sa totalité, mais d’extraire la matière même de ce qui constitue le décor urbain. Des fragments de batisses, ses portes, fenêtres, ferronneries, motifs en céramique ou corniches travaillées sont isolés et réassemblés pour donner naissance à de nouvelles œuvres visuelles. L’auteur définit son ouvrage comme un livre d’art plus que documentaire, où se rencontrent des clichés bruts, des créations plastiques tirées de ses photographies, des archives et autres contributions textuelles.  Le choix du terme palimpseste, ce parchemin médiéval dont on grattait le texte pour y réécrire, s’est imposé comme une évidence. Notre espace urbain reflètant une métissage stylistique unique où coexistent les héritages punique, romain, byzantin, arabo-musulman, andalou, ottoman, colonial (Art nouveau, Art déco) et moderniste. Dans cette perspective, l’artiste considère l’architecture comme un langage vivant où chaque détail représente une lettre, dont l’assemblage crée une grammaire visuelle originale. Photographe plasticien indépendant, Amine Boussoffara est né en 1974 à Mahdia, où il découvre très tôt la photographie au sein du Club Photo de la Maison des Jeunes. Après une première initiation au métier dans des laboratoires photographiques, il choisit en 2008 d’en faire son activité professionnelle. Depuis, son travail se nourrit d’un attachement profond à la Tunisie et à son quotidien. Fasciné par l’homme et sa manière de façonner son environnement, il porte son regard sur les coutumes, les modes de vie, les espaces urbains et ruraux, ainsi que sur l’architecture et le patrimoine. Ses photographies, prises notamment dans les ruelles et les impasses, racontent des histoires ordinaires et singulières à travers les visages, les habitats et les traces laissées par les habitants dans leur environnement.

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Auteur

Meysem MARROUKI

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