44.000 euros et un logement pour s’installer dans ce village italien : qu’en est-il pour les Tunisiens ?
Un dispositif destiné à lutter contre le dépeuplement de Santo Stefano di Sessanio, dans les Abruzzes, prévoit une aide pouvant dépasser 40.000 euros, un logement à loyer symbolique et un soutien à la création d’une activité. Mais contrairement à ce que suggèrent certains, il ne s’agit pas d’un versement de 44.000 euros en espèces, ni d’un programme national italien ouvert à tous les étrangers.
Un village italien de quelque 115 habitants continue de susciter l’intérêt de la presse internationale avec un dispositif destiné à attirer de nouveaux résidents et à enrayer son déclin démographique. Situé dans les Abruzzes, au sein du parc national du Gran Sasso e Monti della Laga, Santo Stefano di Sessanio propose, dans le cadre de son projet de “résidence active”, différentes aides destinées aux personnes prêtes à s’y installer et à y développer une activité économique.
La mesure, initialement lancée par la municipalité en 2020, a de nouveau été mise en avant par plusieurs médias en 2026. Le quotidien espagnol AS lui a notamment consacré un article actualisé le 12 mai 2026, tandis qu’une publication italienne mise à jour le 6 août 2026 continue de répertorier Santo Stefano di Sessanio parmi les villages proposant des incitations à l’installation.
Jusqu’à 44.000 euros, mais pas “en liquide”
Le chiffre de 44.000 euros qui circule actuellement correspond à la valeur cumulée des différentes aides prévues par le dispositif et non à une somme versée directement au nouveau résident.
Le projet prévoit ainsi une contribution mensuelle non remboursable pendant trois ans, pouvant atteindre 8.000 euros par an, soit jusqu’à 24.000 euros sur la période. La municipalité prévoit également la mise à disposition d’un logement à loyer symbolique, ainsi qu’une contribution pouvant atteindre 20.000 euros, versée une seule fois, pour lancer une activité entrepreneuriale.
En additionnant les deux aides financières maximales, le montant atteint donc 44.000 euros, sans compter l’avantage lié au logement.Quel est l’objectif du dispositif ?
Derrière cette proposition financière se trouve un problème démographique particulièrement marqué. Santo Stefano di Sessanio, village médiéval situé à environ 1.300 mètres d’altitude, compte à peine plus d’une centaine d’habitants. Le projet municipal vise précisément à attirer de jeunes résidents, favoriser la création d’activités et maintenir la vie économique et sociale du village.
Le dispositif ne cherche donc pas simplement à attirer des personnes à la recherche d’un logement peu coûteux. Les nouveaux résidents sont censés vivre et travailler dans le village, en contribuant à son économie locale. Le projet initial mettait notamment l’accent sur le tourisme durable, l’artisanat, la valorisation du patrimoine culturel, les activités liées à la nature et les services destinés aux visiteurs.
Une publication italienne mise à jour en août 2026 cite encore Santo Stefano di Sessanio parmi les villages italiens utilisant des incitations pour attirer de nouveaux habitants et encourager la création d’entreprises.
Quelles sont les conditions ?
Le dispositif s’adresse principalement aux jeunes âgés de 18 à 40 ans souhaitant s’installer dans le village, avec un engagement de résidence d’au moins cinq ans selon les conditions actuellement reprises dans les publications consacrées au programme.
Les secteurs visés sont notamment le tourisme, la gastronomie, l’artisanat, les produits locaux, les visites guidées, les activités culturelles et les services liés à la nature.
Il ne s’agit donc pas d’une simple prime accordée à toute personne qui achèterait une maison dans le village.
Et pour les Tunisiens ?
C’est probablement le point le plus important pour un lectorat tunisien. Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’expression “offre aux étrangers”, un Tunisien vivant actuellement en Tunisie ne semble pas pouvoir bénéficier directement de ce dispositif.
Les conditions reprises dans les différents médias indiquent que peuvent notamment candidater les citoyens italiens résidant dans d’autres villes, les citoyens de l’Union européenne ainsi que les personnes disposant d’un permis de résidence permanente valable en Italie.
Un ressortissant tunisien vivant en Tunisie, sans nationalité européenne et sans statut de résident permanent en Italie, n’entre donc pas dans les catégories mentionnées.
En revanche, un Tunisien disposant, par exemple, d’une nationalité d’un pays de l’Union européenne ou d’un statut de résident permanent en Italie pourrait, sous réserve du respect des autres conditions du dispositif, être concerné.
Il convient toutefois de ne pas confondre cette initiative locale avec une politique italienne permettant aux étrangers de s’installer librement dans le pays. L’aide municipale ne constitue pas un visa ni un droit automatique à l’immigration en Italie. Les conditions d’entrée et de séjour restent soumises au droit italien de l’immigration.
R.I



