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Rentrée scolaire et changement climatique: faut-il repenser le « temps scolaire »?

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  • 30 août 2026
  • 3 min de lecture
Rentrée scolaire et changement climatique: faut-il repenser le « temps scolaire »?

Face à l’amplification des vagues de chaleur et des aléas météorologiques, le système éducatif tunisien doit revoir son modèle. C’est le constat dressé par Houyem Turki, chercheuse en sociologie de l’éducation à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis. Dans une déclaration accordée à l’agence TAP, l’experte valide la nécessité d’une transition vers un temps scolaire flexible et territorialisé, capable de s’adapter aux changements climatiques plutôt que de les subir.

Repenser le rythme des cours

Selon la chercheuse, le découpage traditionnel des journées d’études doit désormais intégrer les spécificités climatiques de chaque région et les capacités des établissements. L’expérience des dernières années a révélé l’absence de protocoles clairs au sein des écoles face aux urgences climatiques. Houyam Turki met en garde contre la gestion conjoncturelle et invite à réfléchir à des solutions à moyen et à long terme : la réduction du volume horaire ou le réaménagement des calendriers en cas de canicule ne doivent plus être perçus comme un retard pédagogique, mais comme une opportunité de réorganiser l’apprentissage.

Innover sur le plan pédagogique sans creuser la fracture sociale

Adapter le temps scolaire ne signifie pas simplement raccourcir les journées, mais revoir en profondeur la manière d’enseigner. L’experte prône l’abandon du modèle classique au profit d’une pédagogie axée sur les projets, permettant aux élèves de valider des compétences en un temps plus court. Elle insiste également sur le rôle central des inspecteurs pédagogiques pour accompagner cette transformation.

Par ailleurs, la chercheuse met en garde contre le recours systématique aux cours en ligne. Toutes les familles tunisiennes ne disposant pas des mêmes équipements informatiques, la digitalisation forcée risquerait d’aggraver les inégalités entre les régions et les milieux sociaux.

Un report de la rentrée guidé par la science et la réalité locale

Interrogée sur les demandes croissantes de report de la rentrée des classes, amplifiées par les coupures d’eau et d’électricité, Houyem Turki préconise une réponse scientifique. Toute décision d’ajournement doit s’appuyer sur des rapports météorologiques officiels et s’appliquer de manière progressive.

Ce délai supplémentaire, s’il est accordé, pourrait être mis à profit par l’administration pour combler les vacances de postes et finaliser l’organisation des emplois du temps. Enfin, l’experte suggère de privilégier des ajustements sur mesure au niveau local, comme la tenue des cours uniquement durant la matinée dans les zones les plus exposées, afin de préserver la santé des élèves et du personnel éducatif.

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Auteur

La Presse

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