Le CA gagne in extremis face à ESH Sousse : Kanzari se cherche encore
Onze-type, changements, qualité de l’animation offensive, balles arrêtées, le nouvel entraîneur clubiste ne donne pas l’air de trouver au moins l’ossature et le volume de jeu digne d’un tenant du titre. Pas rassurant avant le match de Djoliba.
La Presse — Le départ de Chaouat, Ben Abda et Chrifi se fait sentir au CA après deux matches. Encore trois points miraculeux, mais, cette fois, devant son public et sur une pelouse respectable, le CA de Maher Kanzari n’a convaincu personne. C’est une mauvaise copie franchement. Face à un ESH Sousse organisé mais pas si brillant, le CA a éprouvé toutes les peines du monde à créer le jeu, notamment lors de la première mi-temps quelconque qu’il a jouée. En seconde mi-temps, les choses se sont améliorées, mais c’était un jeu individuel, des actions basées sur l’effort individuel telle que celle du but de Zaddem qui reprend d’une belle volée un ballon renvoyé par l’adversaire. Deux balles qui heurtent la transversale et le poteau, oui, mais insuffisant pour une équipe qui a les solutions et les joueurs. Ce n’est pas un CA qui a pris du neuf par rapport à l’époque de Benzarti. Et surtout ce chronique problème du milieu : les Clubistes ne créent pas assez, leur entrejeu est lent et au jeu prévisible en largeur. Plus d’un mois qu’il a pris l’équipe, Kanzari n’a rien apporté franchement. Certes, le temps est insuffisant, les joueurs disponibles sont dans la plupart des cas des ailiers qui se ressemblent, mais un entraîneur averti et connaisseur doit, au moins, changer quelque chose et trouver la bonne formule. Chose que Kanzari n’a pas faite jusque-là. Seuls les six points sont bons à prendre, pour le reste rien à se mettre sous la dent pour les Clubistes à quelques jours d’un match capital devant Djoliba à Radès. Ce n’est guère une copie rassurante pour une équipe qui veut retrouver l’Afrique. En plus, il y a un statut de champion en titre à honorer lors des prochaines journées encore difficiles face au ST, l’ESZ et l’USBG.
Meriah, qu’est-ce qui se passe ?
Parlons de Yassine Meriah, la transaction qui a marqué l’été au CA. Là encore, ce qu’il a proposé n’est pas consistant, c’est même alarmant pour un défenseur aussi expérimenté. On l’a vu lent, hésitant, prenable dans les duels, avec une course pénible comme s’il joue à l’économie ou qu’il souffre de maux dans sa jambe gauche. Son pied gauche d’appui pose problème, il ne peut pas intervenir avec force ou courir pour couvrir une zone. L’axe Meriah-Abdelhak est assez fragile, et ne donne pas de gages avant la Ligue de champions. Seule la relance chez Meriah était bonne mais en fin du match, il n’avait plus la force d’effectuer une passe. Pendant ce temps, Simpara, défenseur recruté au CV certain, fait le banc et n’a pas joué la moindre minute. C’est à Kanzari de répondre et de s’expliquer. Il doit aussi expliquer pourquoi il a lancé Cherimi, brouillon à l’image de la plupart des joueurs, et sacrifié Zaddem qui a bien joué une semaine avant à Métlaoui. Il ne faut pas être grand connaisseur pour le comprendre : Zaddem a les qualités pour commencer, c’est le seul joueur qui joue en profondeur, qui court, qui couvre bien sa balle, qui fixe des adversaires. Toute une mi-temps perdue avant que Kanzari ne revienne à la raison pour lancer l’homme qui va sauver le CA d’un résultat nul (voire une défaite si les joueurs de Hammam-Sousse y ont cru plus).
L’ombre de Chaouat s’est fait sentir sûrement à Radès, surtout avec la prestation très moyenne d’Ekeng, un ailier (encore ?) qui n’a pas l’étoffe d’un buteur racé d’après son profil, mais où sont les autres joueurs ? Où sont surtout le travail et l’empreinte de Maher Kanzari ? En tout cas, il a quelques jours pour revoir ses plans et pour rappeler à ses joueurs qu’ils peuvent donner plus et mieux. Djoliba, c’est une équipe qui ne va pas refuser les cadeaux de la défense clubiste et qui ne va pas rentrer à Radès pour limiter la casse. Kanzari jouera gros samedi prochain.



