Hédi Dahmane, expert en sécurité sociale, a tiré la sonnette d’alarme mardi : le travail via les plateformes numériques connaît en Tunisie une expansion rapide, avec des dizaines de milliers de personnes concernées, sans que leur statut juridique et social ne soit clairement défini.
Intervenant sur les ondes d’Express FM, l’expert a précisé que cette nouvelle catégorie professionnelle recouvre quatre activités principales : la livraison de marchandises, le transport de personnes, la livraison de médicaments, et les services d’aide à la vie quotidienne et d’assistance à domicile.
Ces travailleurs font face à des risques professionnels importants, accidents de la route et accidents du travail en tête, sans bénéficier d’une couverture sociale adaptée à la nature de leur activité. La relation avec les plateformes n’est en effet pas toujours considérée comme une relation de travail classique.
Le travail via les plateformes, le télétravail et le travail indépendant s’inscrivent, selon Hédi Dahmane, dans une tendance mondiale en pleine croissance. Une révision de la législation tunisienne s’impose donc pour garantir un salaire décent, une protection sociale, une couverture sanitaire et une assurance contre les accidents du travail et les maladies professionnelles.
L’expert a mis en garde contre l’écart croissant entre ces nouvelles formes de travail et le cadre légal actuel, qui risque d’exclure toujours plus de travailleurs du système de protection sociale. Il a appelé à l’adoption d’un cadre juridique clair garantissant leurs droits et leur dignité professionnelle.
S.M



