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La Tunisie aura-t-elle assez d’électricité pour ses prochains étés ?

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  • 7 septembre 2026
  • 5 min de lecture
La Tunisie aura-t-elle assez d’électricité pour ses prochains étés ?

Le système électrique tunisien subit des pressions croissantes sous l’effet de la forte progression de la consommation, notamment durant les périodes de pointe. Selon Youssef Chebil, président de l’Organisation tunisienne des énergies propres, la demande pourrait atteindre des niveaux représentant près de trois fois la consommation habituelle, faisant de l’augmentation des capacités de production et de la maîtrise de la demande des priorités urgentes.

Intervenant ce lundi 07 septembre 2026 sur Diwan Fm, Youssef Chebil a indiqué que la consommation d’électricité en Tunisie atteint actuellement entre 6.500 et 7.000 mégawatts durant les périodes de pointe, contre environ 2.000 mégawatts en temps normal.

Cette forte différence entre les niveaux de consommation habituels et ceux enregistrés lors des pics de demande constitue, selon lui, un déséquilibre important du système électrique tunisien par rapport aux niveaux observés à l’échelle internationale.

3.000 MW de nouvelles capacités nécessaires

Youssef Chebil a rappelé que la capacité totale de production du réseau électrique national s’élève actuellement à environ 4.000 mégawatts, alors que la Tunisie devrait disposer, à terme, d’environ 3.000 mégawatts supplémentaires de capacités de production afin de répondre à l’évolution prévisible de la demande.

L’enjeu est donc de renforcer simultanément les capacités de production et les infrastructures du réseau électrique, dans un délai relativement court.

Cette montée en puissance nécessiterait toutefois des investissements considérables. D’après Youssef Chebil, l’ajout de 1.000 MW de capacité de production à travers la technologie du cycle combiné représente un investissement estimé entre 3 et 4 milliards de dinars.

À cette enveloppe devrait s’ajouter un montant d’un ordre de grandeur similaire pour le développement et la modernisation du réseau de transport de l’électricité.

Un risque accru à l’été 2027

Le président de l’Organisation tunisienne des énergies propres a également mis en garde contre les tensions que pourrait connaître le système électrique au cours de l’été 2027.

Selon lui, les prévisions climatiques tablent sur la poursuite des températures élevées, ce qui pourrait accentuer la demande d’électricité, notamment pour la climatisation. Il estime ainsi que des décisions doivent être prises dans les prochains mois afin de renforcer la capacité du système à absorber les pics de consommation.

Youssef Chebil a notamment souligné la longueur des procédures liées à la réalisation des projets énergétiques en Tunisie. Les cycles logistiques et administratifs peuvent, selon lui, s’étendre sur neuf à dix mois, ce qui rend nécessaire une anticipation suffisante des besoins futurs.

Miser aussi sur la maîtrise de la demande

Face à cette situation, l’augmentation des capacités de production ne devrait pas constituer l’unique réponse, estime Youssef Chebil. Il préconise parallèlement une série de mesures visant à réduire la pression exercée sur le réseau et à optimiser les capacités existantes.

Parmi les pistes avancées figure notamment une plus grande mobilisation du secteur industriel, en exploitant les infrastructures disponibles dans les entreprises et les réseaux de moyenne tension pour intégrer des solutions de stockage et de production décentralisée à partir d’énergies renouvelables.

Il appelle également à accélérer le déploiement des réseaux intelligents, en exploitant dès à présent les technologies disponibles, sans attendre l’achèvement de la transformation numérique globale du réseau, qui pourrait prendre plusieurs années.

La réduction des pertes sur le réseau et la maîtrise de la demande constituent également, selon lui, des leviers essentiels. L’objectif serait de ne pas limiter la réponse à l’augmentation de la production, mais d’agir également sur les modes de consommation et l’efficacité du système électrique.

Youssef Chebil préconise enfin de poursuivre le développement des énergies renouvelables décentralisées, à travers une production davantage répartie sur le territoire. Cette approche permettrait, selon lui, de soutenir le réseau tout en limitant certains risques techniques associés aux périodes de surplus de production.

Les centrales flottantes, une solution seulement conjoncturelle

S’agissant des solutions temporaires susceptibles de garantir l’approvisionnement en électricité lors des périodes de forte demande, Youssef Chebil s’est montré réservé quant au recours aux navires ou aux centrales électriques flottantes.

Il considère que ces dispositifs peuvent constituer des solutions conjoncturelles, mais qu’ils restent coûteux et ne sauraient remplacer les investissements structurels nécessaires au renforcement du système énergétique tunisien.

Pour le président de l’Organisation tunisienne des énergies propres, la sécurisation de l’approvisionnement électrique à moyen et long termes passe ainsi par une combinaison de nouvelles capacités de production, la modernisation du réseau, le développement des énergies renouvelables, le stockage et une meilleure maîtrise de la demande.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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