Schengen : l’Europe durcit les contrôles d’entrée pour les Tunisiens, Algériens et Marocains dès lundi
La fin, le 6 septembre 2026, d’une mesure de flexibilité prévue dans le cadre du système européen d’entrée/sortie (EES) pourrait compliquer davantage les contrôles aux frontières en période de forte affluence. Les ressortissants tunisiens, algériens et marocains, comme les autres voyageurs de pays tiers concernés par le dispositif, sont soumis aux nouvelles procédures biométriques lors de leurs déplacements de courte durée dans l’espace Schengen.
Le système européen d’entrée/sortie (EES) est désormais pleinement opérationnel aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Lancé progressivement à partir du 12 octobre 2025, le dispositif est entré en fonctionnement complet le 10 avril 2026. Il remplace progressivement le traditionnel tampon sur le passeport par un enregistrement numérique des entrées, des sorties et des refus d’entrée des ressortissants de pays tiers effectuant de courts séjours.
Le dispositif enregistre notamment les données du document de voyage ainsi que des données biométriques, dont l’image faciale et les empreintes digitales. Il concerne les ressortissants de pays non membres de l’Union européenne, sous réserve des catégories exemptées par la réglementation. Les voyageurs tunisiens, algériens et marocains entrant dans le champ du dispositif sont donc concernés par ces procédures.
Fin d’une flexibilité le 6 septembre
Le principal changement intervenu depuis le 6 septembre concerne toutefois la fin d’une mesure de flexibilité prévue durant la période estivale.
La Commission européenne avait confirmé, lors de son point presse du 1er septembre 2026, que les autorités pouvaient, jusqu’au 6 septembre, suspendre temporairement la vérification des données biométriques dans des circonstances exceptionnelles, notamment lorsque les points de passage étaient confrontés à d’importants problèmes d’attente. Cette possibilité n’est normalement plus disponible après cette date.
La Commission précise néanmoins qu’elle reste en contact avec les Etats membres où des ajustements sont encore nécessaires dans certains points de passage frontaliers. Elle indique également pouvoir apporter un soutien supplémentaire, notamment par le déploiement d’agents de Frontex, afin d’accompagner la mise en œuvre du système.
Des files d’attente qui inquiètent le secteur aérien
La fin de cette flexibilité intervient alors que le secteur aérien avait déjà alerté sur les difficultés opérationnelles liées au déploiement de l’EES.
En février 2026, l’Association internationale du transport aérien (IATA), avec ACI Europe et Airlines for Europe, avait averti que le système pouvait provoquer des perturbations importantes pendant les périodes de forte affluence, avec des files d’attente susceptibles d’atteindre quatre heures ou davantage en l’absence de mesures de flexibilité suffisantes.
Lors d’une présentation consacrée à l’EES, l’IATA a notamment appelé les Etats à disposer de suffisamment d’agents aux frontières, à assurer le bon fonctionnement des bornes et des systèmes automatisés et à prévoir des mécanismes permettant de suspendre les contrôles EES avant que les files d’attente ne deviennent excessives.
Pour les voyageurs, l’enjeu est donc principalement le temps nécessaire aux contrôles, particulièrement dans les aéroports et points de passage connaissant une forte fréquentation. La fin de la possibilité de suspendre temporairement la collecte biométrique réduit la marge de manœuvre des autorités lorsque les files deviennent importantes.
Tunisiens, Algériens et Marocains concernés
Cette évolution ne constitue toutefois pas une nouvelle mesure spécifiquement dirigée contre les ressortissants tunisiens, algériens ou marocains.
Le critère déterminant est la nationalité d’un pays tiers à l’Union européenne et le type de séjour. La Commission européenne précise que l’EES s’applique aux ressortissants non européens effectuant un court séjour dans l’espace Schengen. Certaines catégories sont exemptées, notamment les titulaires de certains titres de séjour ou de visas de long séjour.
Ainsi, pour les voyageurs tunisiens, algériens et marocains concernés par le dispositif, les contrôles biométriques font partie des procédures d’entrée et de sortie de l’espace Schengen, tandis que la fin de la flexibilité du 6 septembre pourrait surtout se traduire par des délais plus importants dans les situations de forte affluence.
Cette évolution ne doit par ailleurs pas être confondue avec l’ETIAS, qui constitue un dispositif différent.
L’EES concerne l’enregistrement aux frontières des ressortissants de pays tiers effectuant de courts séjours. L’ETIAS est, lui, une autorisation de voyage destinée aux ressortissants de pays bénéficiant d’une exemption de visa. Selon l’IATA, son lancement est prévu au dernier trimestre 2026.
En résumé, le changement du 6 septembre concerne donc principalement la marge de flexibilité des contrôles EES et non l’instauration d’une nouvelle obligation spécifique pour les Tunisiens, Algériens ou Marocains.
R.I



